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Salut,
Le gouvernement actuel excelle en communication : les décisions
impopulaires sortent fin Juin-début Juillet, quand le public est
tout aux vacances à venir... à se demander si la bavure de Tricastin
ait été elle-même "programmée" en Juillet, tant il est vrai qu'en
matière nucléaire, même avec la super-technologie française, les
bavures devaient arriver. Heureusement, elles restent "sous
contrôle" en terme de dangerosité, soyez en convaincu(e)s, ayez
confiance !
Quand on voit les poupées russes de
Tricastin, ça donne envie d'accueillir des sites d'enfouissement et
des EPR dans sa région, en tout cas. Laissez vous tenter avec cette
mise-en-bouche que nous livre l'Est Républicain :
L'Est Républicain - 16 juillet
2008
Déchets atomiques
enfouis à Tricastin !
Pour la Criirad, la fuite radioactive sur le site de la centrale nucléaire à Tricastin n'a fait que mettre en lumière une contamination historique de la nappe phréatique.
« La situation est maintenant stabilisée sur le site et
les mesures de précautions seront levées dès que les
analyses confirmeront que cela est possible... ». Après
« l'anomalie », ce débordement d'une cuve
d'effluents uranifères à l'usine de maintenance Socatri
survenue la semaine dernière à Tricastin, Jean-Louis Borloo,
le patron du ministère de l'Ecologie est « préoccupé »,
mais se veut rassurant. Sa position s'explique par le bilan
journalier de l'Institut de radioprotection et de sûreté
nucléaire (IRSN), qui précisait « une diminution
régulière de la concentration en uranium des eaux en aval de
l'entreprise de sous-traitance de la centrale nucléaire dont
le niveau atteint depuis jeudi une valeur proche de la
normale ».
Bombes atomiques
Hier toutefois, les résultats pourtant très attendus de ces
analyses n'étaient toujours pas tombés, renforçant les
déclarations d'omerta de tout le ban et l'arrière-ban des
ONG antinucléaire sur le manque de transparence de l'atome
civil en France. Parmi elles, la Commission de recherche et
d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad),
dont les limiers viennent de soulever un lièvre qui pourrait
faire un -gros - désordre. « A travers nos mesures
d'uranium dans la nappe phréatique, on a la preuve qu'un
lourd passé historique est là et il nous revient dans la
figure comme un boomerang ». Président de la Criirad,
Roland Desbordes n'a rien d'un catastrophiste. C'est un
chercheur, un physicien, un homme qui pèse ses mots.
Il précise : « quelques mois avant l'incident, des
travailleurs de la centrale nous avaient alertés sur la
présence d'une butte de stockage de déchets radioactifs.
Celle-ci provient du temps où la Cogema militaire fabriquait
des bombes atomiques sur le site en utilisant une chaîne
spéciale pour enrichir l'uranium à 90%. Cette Installation
nucléaire de base secrète (INBS) a été démantelée dans les
années 1980 après l'arrêt de l'activité militaire au milieu
des années 1975 et c'est Areva qui a récupéré ce passif. On
est allé voir, on a mesuré depuis la clôture un peu
d'irradiations provenant de la butte. Des déchets nucléaires
ont bien été enterrés là et ils y sont toujours ».
Le vendredi 4 juillet dernier, Roland Desbordes saisit l'occasion d'une réunion de la Commission locale d'information (CLI) pour demander si ce stockage enfoui « obéi à la réglementation sur les déchets radioactifs. On m'a répondu qu'il n'y avait aucune raison d'aller excaver ces déchets, qu'il n'y avait aucun problème du point de vue environnemental ». Le lundi suivant à 23h, la fuite accidentelle de 74 kg d'uranium naturel se produit. Fâcheux concours de circonstances... Si la Criirad marque la centrale de Tricastin à la culotte, c'est parce que le site est pressenti pour accueillir l'EPR 2, annoncé par Nicolas Sarkozy. La nappe polluée
Autant donc qu'il soit exempt de reproches... « Nous
nous intéressons surtout à l'état des eaux souterraines, car
si un retour à la normale est en cours pour les eaux de
surface, notamment grâce au gros orage de samedi dernier qui
a tout lessivé, la nappe est contaminée et pas depuis hier !
». L'affirmation n'est ni militante, ni gratuite : elle
est corroborée par l'IRSN dans son bilan de vendredi dernier
: « des variations de concentration en uranium
supérieures au bruit de fond habituel ont été relevées sur
trois points de la nappe. Elles ne peuvent pas être
expliquées par le rejet accidentel », observe le
gendarme du nucléaire.
En juin pourtant, ce même organisme avait indiqué dans un
autre rapport que cette concentration plus élevée était
d'origine naturelle. La démonstration pour Roland Desbordes
qu'il y avait déjà anguille sous roche « la fuite a
permis de déterrer un cadavre du placard ! les nappes
phréatiques du secteur sont polluées, car on a laissé la
situation perdurer. On nous a donc menti à la CLI »,
dit-il, « les mesures présentées dans ce rapport
montrent que les niveaux d'uranium augmentent de manière
significative au sud de la nappe, dans l'axe des
installations de la centrale. Et quand on m'affirme que
l'exploitant ne peut pas être incriminé, permettez-moi de
douter... ».
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