|
ERNESTO CHE GUEVARA
Rêver, lutter et conquérir :
« soyons réalistes,exigeons l’impossible »
ESPACE CHE GUEVARA
Liste de Textes sur
CHE Guevara :
C'est
ainsi que le CHE critiquait l'URSS
Date : Wed,
12 Oct 2005 10:06:13 +0200
De : "CubaSolidarity" <cubasolidarity@club-internet.fr>
Objet : C´est ainsi que le Che critiquait l´URSS : elle n´a
pas compris Marx
From: <Denisjpmo@aol.com>
Sent: Tuesday, October 11, 2005 12:57 PM
Subject: C´est ainsi que le Che critiquait l´URSS : elle n´a
pas compris
Marx
C´est ainsi que le Che critiquait l´URSS : elle n´a pas
compris Marx
Voyage dans les inédits de Guevara. Deuxième épisode de
Antonio Moscato
traduit de l´italien par Karl&Rosa
Chaque année, à l´approche du 9 octobre, jour anniversaire
de la mort d ´Ernesto Che Guevara, on le commémore aussi
sur la presse la plus éloignée de ses idées, qui en parle
éventuellement pour se plaindre des "mythisations de la
gauche". Il est mort il y a trente huit ans, mais son
souvenir est beaucoup plus vivant que celui de tant de
personnages politiques disparus depuis peu d´années, y
compris de ces détracteurs qui le liquidaient comme un
"stratège de pharmacie".
Comme ce fut le cas de Mario Monje, secrétaire du parti
communiste bolivien dans ces années-là, qui abandonna le Che
sans contacts dans une zone inadaptée à une guérilla où il
l´avait envoyé.
Aujourd´hui Monje vit à Moscou, où il fait des affaires
avec Poutine. Et, justement, on ne se souvient de lui que
pour son rôle dans l´isolement et dans la défaite de
Guevara et des autres guérilleros (y compris des guérilleros
boliviens, qu´il avait expulsé du parti parce qu´ils
restaient avec le Che). Mais si sur la mort et sur les
derniers, terribles jours d´Ernesto Che Guevara nous savons
désormais tout, en premier lieu grâce au travail
infatigable de deux historiens cubains, Adys Cupull et
Froilàn Gonzàlez et aussi grâce à la publication des
journaux de guerre des autres combattants (Inti et
d´autres, en Bolivie avec le Che. Gli altri diari, aux soins
de A. Moscato, Massari, Bolsena, 1998), on ne peut pas en
dire autant de sa pensée, oubliée, déformée et occultée de
différentes façons.
En effet, Guevara n´a pas été seulement le "guérilléro
héroïque" (c´est ainsi qu´on l´a célébré pendant deux
décennies dans un Cuba qui ne le republiait pas), mais
"quelqu´un qui a redécouvert" le marxisme, capable de
prévoir et de comprendre intuitivement les raisons d´un
possible effondrement du système "socialiste" qui pourtant
apparaissait, en son temps, au sommet de sa puissance.
Pourquoi ne le connaît-on qu´en partie ? Depuis Cuba, Le
Canto intimo de Celia Hart, dont nous publions d´amples
extraits, se le demande.
Comme on le voit, Celia Hart aussi (fille de deux dirigeants
historiques de la révolution, Armando Hart, longtemps
secrétaire du Pcc et ensuite ministre de la Culture et
Haydée Santamaria, qui participa en 1953 à l´assaut au
Cuartel Moncada puis dirigea la Casa de las Américas), se
pose le problème de la raison de l´existence des inédits.
Les deux plus grands historiens du Che, Adys Cupull et
Froilàn Gonzàlez, se sont déclarés solidaires avec elle.
Mais il y a un autre problème : il y a aussi des textes
désormais publiés mais ignorés de facto par ceux qui, même à
gauche, préfèrent les mythes à la réalité.
A Alger par exemple, en février 1965, dans le dernier
discours qu´il a tenu en tant que dirigeant cubain, Guevara
disait, à propos du rapport entre les "pays socialistes" et
les pays dépendants, qu´on ne devait plus "parler du
développement d´un commerce réciproquement avantageux" parce
qu´il était "basé sur les prix que la loi de la valeur et
les rapports internationaux, fondés sur l´échange inégal
(...) imposent aux pays arriérés". Acheter "aux prix du
marché mondial les matières premières qui coûtent de la
sueur et des sacrifices sans limites aux pays arriérés et
vendre aux prix du marché mondial les machines produites
dans les grandes usines automatisées" signifie de facto "que
les pays socialistes sont, dans un certain sens, complices
de l´ exploitation impérialiste".
C´est dans cette direction qu´allait la réflexion du Guevara
plus mûr, entre 1962 et 1966, une réflexion restée en
grande partie inédite, mais pas complètement inconnue, parce
que différents extraits en ont été graduellement publiés
dans les essais de Tablada et de moi-même, et dans les
OEuvres choisies, aux soins de Massari, et ensuite à Cuba
dans le très beau livre d´Orlando Borrego aussi, Che. El
camino del fuego (La Havane, 2001).
Pourquoi cette réflexion est-elle restée inédite? Il suffit
de citer ici un seul passage des Notes sur le Manuel
d´économie pour commencer à comprendre : "Les dernières
résolutions économiques de l´Urss ressemblent à celles
qu´adopta la Yougoslavie quand elle choisit le chemin qui
l´aurait amenée à un retour graduel au capitalisme. Le
temps dira s´il s´agit d´un accident de parcours ou s´il
implique une tendance marquée au recul. Tout commence avec
la conception erronée qui cherche à construire le socialisme
avec des éléments de capitalisme, sans en changer
effectivement le sens. Par conséquent, on parvient à un
système hybride qui finit dans une impasse" (Note : pour des
raisons d´espace, on n´indique pas les pages du Manuel et
les numéros des notes du Che, mais il est possible de les
recevoir en langue originale en envoyant un mail à :
antonio.moscato@unile.it ).
Dans une autre note, Guevara écrit que "dans ce livre, on
confond
régulièrement le concept de socialisme avec ce qui se passe
en pratique en Urss". A propos des "catégories économiques"
qui selon le Manuel seraient générées par le régime
socialiste, le Che notait que "on présume connaître des lois
économiques dont l´existence réelle est discutable" (...) en
se cognant partout "contre les lois économiques du
capitalisme qui survivent dans l´organisation économique
soviétique" (...). "On continue à tromper soi-même".
Jusqu´à quand ? On ne le sait pas, et on ne sait non plus
comment la contradiction sera résolue".
Comme on peut le voir, c´étaient des critiques dures, que
les soviétiques n´auraient pas pu accepter. Mais pourquoi
les censurer encore après l´effondrement de l´Urss ?
Probablement à cause des difficultés à expliquer aux
étudiants cubains pourquoi pendant vingt après la mort du
Che, quand Brejnev était exalté à La Havane comme un grand
"marxiste léniniste", ils ont continué à "étudier le
marxisme" sur ce Manuel dont Guevara déclarait qu´il était
très mauvais.
à suivre...
http://www.liberazione.it/giornale/050930/LB12D6E8.asp
|
|