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ERNESTO CHE GUEVARA
Rêver, lutter et conquérir :
« soyons réalistes,exigeons l’impossible »
ESPACE CHE GUEVARA
Liste de Textes sur
CHE Guevara :
Le Che et L'Amour Revolucionnaire
Par
TANIA
« Laissez-moi vous dire, au
risque de paraître ridicule, que le véritable
révolutionnaire est guidé par de grands sentiments
d’amour » : voilà une phrase qui, abstraite de la pensée et
de l’action de son auteur, semble relever de l’angélisme
contemplatif, et expliquerait facilement pourquoi certains
ont voulu voir le « CHE » un saint, le rendant ainsi
définitivement inoffensif.
Cependant, c’est d’humanisme
révolutionnaire qu’il s’agit. L’humanisme révolutionnaire
n’est pas l’humanisme abstrait qui déclare que tous les
hommes sont frères et qui confond l’oppresseur et l’opprimé.
L’humanisme révolutionnaire se donne pour devoir de « lutter
contre toute injustice commise contre quiconque en quelque
partie du monde ». Il est donc internationaliste, et, dans
la même logique, anti-raciste et féministe. Il suppose
d’abord une sensibilité exacerbée à tout ce qui porte
atteinte à l’être humain. C’est pourquoi il est inconcevable
sans l’amour de celui qui est opprimé. Mais l’humanisme
révolutionnaire ne se limite pas à ressentir de l’amour, car
alors il aimerait surtout l’homme en tant qu’opprimé. Au
contraire, il aime l’opprimé en tant qu’être humain, c’est à
dire qu’il lutte pour que l’opprimé devienne un être
pleinement humain et complètement désaliéné, un « homme
nouveau » ou encore un « être intégral » (Marx). Sa finalité
est donc l’HUMANITE, mais une humanité dont il est conscient
qu’elle est l’aboutissement d’un processus dialectique, et
non une donnée de fait. Il est donc prêt à surmonter toutes
les contradictions d’un monde inhumain, et, pour ce faire, à
lutter afin que tout homme connaisse le bien-être matériel,
mais aussi le progrès intellectuel, social et surtout
éthique. L’humanisme révolutionnaire ne nie donc pas la
fraternité, mais il en élargit le concept puisqu’il vise la
fraternité universelle par la réconciliation de l’homme avec
lui-même, avec les autres et avec la nature.
Le CHE avait montré, à travers son exemple
d’internationaliste conséquent, la nécessité pour
l’humanisme d’être révolutionnaire, mais il négligea jamais
non plus la nécessité, pour le révolutionnaire, d’être
humaniste. En effet, si, pour un révolutionnaire, la
révolution est une fin en soi, il a tendance à ne
considérer les autres que comme des MOYENS en vue de cette
finalité suprême, et donc à ne plus les traiter
fraternellement. La cause que l’on poursuit est juste, donc
il faut que tout le monde s’y voue, et celui qui ne le fait
pas n’est pas digne d’intérêt. Ou alors, on néglige tout
être et toute chose qui n’ont pas de liens avec cette cause
si juste, mais on a bonne conscience, car on sait que l’on
n’agit pas pour soi mais pour le bien commun, et cela nous
valorise à nos propre yeux. Or, est-ce que l’on peut
prétendre mener un combat humaniste, être un vrai
révolutionnaire, et ignorer le chômeur ou le sinistré qui
demande de l’aide ? ne pas voir la détresse de celui qui,
près de chez soi, a besoin de solidarité ? ou enfin négliger
d’accorder à ses enfants ou à son conjoint(e) la présence de
qualité à laquelle ils ont droit ? Une finalité, si elle est
juste, ne peut exiger des moyens qui ne le sont pas. Et il
existe aussi de « justes combats » qui masquent une fuite en
avant hors de la réalité ou (et) le seul désir de se faire
plaisir. Dans tous les cas, on est inconséquent car on
oublie qu’être révolutionnaire n’est pas une fin en soi,
mais que cela consiste à transformer le monde, et donc y
compris soi-même. Si le révolutionnaire doit être »
essentiellement humain », cela signifie qu’il doit l’être en
toute occasion, et donc aussi avec son entourage. Le CHE, là
encore, donne de nombreux exemples de l’adéquation entre ce
qu’il pensait et ce qu’il faisait. Chaque jour, il trouvait
un temps pour s’occuper de ses enfants, et avait appris à
lire à sa fille aînée, qu’il emmenait souvent lors de ses
visites d’usines ou d’entreprises. Il ramenait à sa femme
des petits cadeaux de ses nombreux voyages, et n’oubliait
jamais les anniversaires des siens, même durant la guérilla
en Bolivie. Il n’a jamais cessé d’envoyer des lettres
tendres à sa famille ni à ses ami(e)s. De nombreux
témoignages de ceux qui l’ont connu attestent que le CHE
aidait tout le monde, et était très chaleureux et attentif
aux problèmes de ceux qui l’entouraient, et non pas
seulement des peuples du Tiers-Monde. Il a donc toujours mis
en œuvre cette exigence qui était la sienne d’être
« essentiellement humain ». Il ne concevait pas le
révolutionnaire comme un être amputé de ses sentiments, bien
au contraire.
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