> L’ONU condamne de nouveau le blocus économique et commercial que
> Washington applique contre Cuba
>
> La Havane, 29.10.08 (acn) C’est pour la 17ème année consécutive que
> l’Assemblée générale de l’ONU s’est prononcée, ce mercredi 29 octobre
> 2008, contre le blocus économique et commercial que les Etats-Unis
> appliquent contre Cuba depuis bientôt 50 ans.
>
> C’est par 185 voix contre 3 (Etats-Unis, Israël et Palau) que l’Assemblée
> générale des Nations Unies a adopté mercredi la résolution sur la «
> Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposée
> contre Cuba par les Etats-Unis d’Amérique ». Les îles Marshall et la
> Micronésie se sont abstenues.
>
> La nouvelle résolution de l’Assemblée générale contre le blocus US demande
> encore au gouvernement des Etats-Unis de mettre un terme à cette
> politique, maintenue en vigueur par Washington depuis près d’un demi
> siècle.
>
> En même temps, le texte de cette résolution « exhorte de nouveau tous les
> Etats à s’abstenir de promulguer ou d’appliquer » les mesures faisant
> partie de la politique US de blocus économique et financier contre Cuba et
> rappelle que la Charte des Nations Unies et le droit international «
> consacrent la liberté de commerce et de navigation ».
>
> Les estimations fournies officiellement par les autorités cubaines
> indiquent que le blocus économique, financier et commercial dont Cuba fait
> l’objet de la part des Etats-Unis a déjà coûté aux Cubains plus de 93
> milliards de dollars.
>
> L’adoption de cette 17ème résolution dans laquelle l’Assemblée générale de
> l’ONU appelle de nouveau le gouvernement des Etats-Unis à décréter la
> levée du blocus a lieu à 6 jours seulement de l’élection présidentielle
> US.
>
> hv
>
> ------------------------------------------------
>
> Service en langue française
> Agence cubaine d'information
> frenchnews@ain.cu
> www.cubainfo.ain.cuTable des Matières
1. Introduction
....................................................................................
1
2-. Application du Plan Bush de recolonisation de Cuba. Recrudescence du
blocus des USA
........................................................................... 4
3-. L’extraterritorialité dans la politique de blocus
............................. 6
4-. Préjudices causés par le blocus aux secteurs à plus fortes retombées
sociales
........................................................................................
8
4.1-.Préjudices causés à l’activité économique extérieure .......... 15
4.2-.Préjudices causés à d’autres secteurs de l’économie cubaine18
5. Préjudices causés au peuple étasunien et à d’autres peuples du monde
...................................................................................................
25
5.1 Retombées sur les organismes et organisations internationaux 26
6. Opposition au blocus aux Etats-Unis mêmes ............................. 27
7. Conclusions
.................................................................................
30
1. INTRODUCTION
Alors que le peuple cubain s’apprête à fêter le cinquantième anniversaire de la
Révolution qui, au terme d’une lutte prolongée et tenace pour conquérir sa vraie
indépendance, parvint à écarter du pouvoir la tyrannie sanguinaire qui
l’opprimait avec le soutien du gouvernement étasunien et qui marqua le point
de départ des transformations politiques, économiques et sociales les plus
profondes dans l’histoire du pays, les Etats-Unis maintiennent leur blocus
économique, commercial et financier comme la preuve la plus patente de leur
politique cruelle et inhumaine, dépourvue de la moindre légitimité et légalité,
qui
vise à détruire cette Révolution par tous les moyens possibles, y compris en
affamant la population cubaine et en la poussant au désespoir.
Compte tenu de ses objectifs – tant déclarés que larvés – de sa portée et des
moyens et actions mis en place pour les atteindre, le blocus des Etats-Unis
tombe dans les catégories de l’acte de génocide, aux termes de la Convention
de Genève pour la prévention et la répression du crime de génocide, de 1948,
et de l’acte de guerre économique, selon la définition donnée dès 1909 par la
Conférence Navale de Londres.
Cette politique, comme le confirment les seize résolutions voté chaque année
par l’Assemblée générale des Nations Unies, viole les buts et principes de la
Charte des Nations Unies, les principes du droit international régissant les
rapports entre Etats souverains et les principes relatives à la liberté de
commerce et de navigation internationale consacrés dans les plus divers
instruments internationaux.
La nature extraterritoriale de cette politique – particulièrement exacerbée sous
l’administration Bush – lèse aussi d’une manière toujours accrue la
souveraineté d’Etats tiers et les intérêts légitimes de personnes juridiques et
naturelles sous leur juridiction.
Depuis que l’Assemblée générale a adopté la résolution 62/3, le 30 octobre
2007, les USA ont maintenu et renforcé les principaux axes de son blocus
contre Cuba, sous forme de traque et de sanctions économiques accrues aux
activités commerciales et aux transactions financières internationales – dont
les
opérations destinées au paiement des quotes-parts de Cuba aux organismes
internationaux des Nations Unies – d’usurpation des marques commerciales
cubaines et de pressions et représailles renforcées contre ceux qui font du
commerce avec Cuba ou ont des rapports avec elle dans le cadre d’échanges
culturels et artistiques. L’administration Bush est passée à une phase plus
ouverte et plus dangereuse dans l’organisation et l’exécution d’opérations
subversives, aussi bien officielles qu’officieuses, en conformité avec son Plan
de recolonisation de Cuba de mai 2004, actualisé le 10 juillet 2006.
Dans son discours devant l’Assemblée générale du 24 octobre 2007, quelques
jours avant que celle-ci ne vote sa plus récente résolution exhortant son
administration à lever le blocus économique, commercial et financier contre
Cuba, le président des Etats-Unis a clairement indiqué quelle serait sa
politique
durant la dernière étape de son administration, affichant par là son mépris le
plus total de la communauté internationale.
Non content de présenter une image ridiculement invraisemblable de la réalité
cubaine, en accord avec sa volonté de diaboliser notre pays et de fabriquer un
prétexte pour maintenir une politique de plus en plus contestée, le président
étasunien a confirmé : « Le mot clef quant à nos relations futures avec Cuba
n’est pas stabilité, mais liberté1. » Il n’a pas caché son intention de recourir
à la
force, si besoin était, pour saper la volonté de résistance du peuple cubain et
recoloniser notre pays, autrement dit, ce qui revient au même, pour provoquer
un « changement de régime » en conformité avec la doctrine agressive et
hégémonique du locataire actuel de la Maison-Blanche.
Maintenant sa conduite démentiellement interventionniste, mais évidemment
frustré par ce qu’il juge un maigre soutien international à ses visées
illégales,
George W. Bush a lancé un nouvel appel pour joindre de nouveaux complices à
sa politique d’hostilité et d’agression contre le peuple cubain.
L’intervention du président Bush à la Maison-Blanche, le 21 mai 2008, a
confirmé la recrudescence sans précédent de sa campagne politique et
médiatique contre Cuba.
Il faut souligner, dans le cadre de cette stratégie, la nouvelle tournée que
Kirsten Madison, sous-secrétaire d’Etat, et Caleb McCarry, le proconsul nommé
pour gérer la Cuba recolonisée, ont entreprise du 7 au 16 avril courant dans les
capitales de plusieurs pays européens, s’efforçant de convaincre l’Union
européenne de ne pas lever les sanctions qu’elle avait imposées à Cuba en
2003 et de lui faire endosser la politique étasunienne contre l’île pour prix du
dialogue avec elle.
Anxieuse de détruire l’ordre constitutionnel entériné par le peuple cubain, ce
qui
est là l’objectif clef de sa politique de blocus économique, commercial et
financier, l’administration étasunienne a mis en oeuvre tous les moyens
possibles pour recruter, organiser et financer des gens qui agissent comme
salariés de sa politique d’hostilité et d’agression contre le pays qui les a vu
naître. Le gouvernement cubain a présenté à cet égard des preuves patentes
que l’administration Bush a été incapable de réfuter.
L’United States Agency for Internacional Development (US/AID) a été l’un des
principaux instruments utilisés pour canaliser l’argent qui permet de payer les
mercenaires étasuniens à Cuba, la Section des intérêts des Etats-Unis à La
Havane intervenant directement dans ces opérations.
Ainsi, le 14 mai 2008, cette agence publique du gouvernement étasunien a
convoqué une réunion à son siège de Washington pour faire de la part de la
distribution des 45 millions de dollars supplémentaires dégagés par la Maison-
Blanche dans sa guerre non déclarée contre le peuple cubain.
1 Discours prononcé le 24 octobre 2007 au State Department par le président des
Etats-Unis.
C’est le chef de l’US/AID pour l’Amérique latine, José Cárdenas, ancien cadre
de la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA) – une fondation créée sur
instructions du président Reagan et commanditaire des points de vue
organisationnel et financier de plusieurs actes de terroristes contre Cuba – qui
a
dirigé cette réunion au cours de laquelle des fonds publics supplémentaires ont
été alloués à de nouvelles ONG dans des pays tiers afin qu’elles travaillent en
fonction des objectifs de la Maison-Blanche.
Tenant à souligner l’essor de ce volet anticubain de l’US/AID, José Cárdenas
n’a pas hésité à souligner que le budget, de seulement 13 millions de dollars en
2007, était passé à 45 millions pour l’exercice fiscal 2008, ce qui indique bien
la
priorité que l’administration Bush accorde au renversement de la Révolution du
peuple cubain.
Par-dessus le marché, la Maison-Blanche utilise maintenant ses représentants
diplomatiques de La Havane pour transférer des fonds provenant
d’organisations ouvertement terroristes aux USA à des groupes subversifs dans
l’île, comme le gouvernement cubain l’a dénoncé récemment.
On trouvera ci-après une information actualisée sur les conséquences du
blocus économique, commercial et financier des USA contre Cuba, depuis
l’adoption de la résolution 62/3 jusqu’au 31 mai 2008, le trait essentiel en
étant
le renforcement de la politique visant à détruire la Révolution cubaine. Nous
tenons à souligner que nous n’avons pas inclus dans ce Rapport une quantité
significative d’exemples de ces retombées néfastes pour éviter de nouvelles
représailles (ou « dommages collatéraux ») à des fournisseurs et à des
institutions de pays tiers qui maintiennent des liens économiques, commerciaux
et financiers avec Cuba, dans le respect du droit international et résistants
aux
pressions extraterritoriales qui découlent de la guerre économique que le
gouvernements des Etats-Unis mène contre le peuple cubain et contre sa
volonté farouche de liberté, d’indépendance et de souveraineté.
2-. APPLICATION DU PLAN BUSH DE RECOLONISATION DE CUBA.
RECRUDESCENCE DU BLOCUS DES USA
Poursuivant son hostilité obsessionnelle, le président Bush a annoncé le 24
octobre 2007 une nouvelle escalade des actions contre notre pays, ratifiant sa
politique de blocus et annonçant de « nouvelles initiatives », à quoi il a joint
un
appel au recours à la force pour renverser le gouvernement constitutionnel
cubain.
Les nouvelles actions annoncées par Bush sont dans le droit fil de la stratégie
tracée dans le Plan de recolonisation de Cuba (désormais, Plan Bush),
adopté le 6 mai 2004 et mis au point par une Commission présidentielle2 créée
par le président lui-même dans le but déclaré de détruire la Révolution cubaine.
Ce Plan a été actualisé le 10 juillet 2006 et durci par un nouveau chapitre
maintenu secret, dont les mesures et actions ne peuvent être rendues
publiques parce que violant clairement le droit international.
2 « Commission présidentielle d’aide à Cuba libre. »
Le Government Accountability Office (GAO) a reconnu explicitement, dans un
rapport publié en novembre 2007 à la demande de Charles Rangel,
représentant démocrate de New York et président de la Commission des
moyens et arbitres de la Chambre des représentants, que le blocus contre
Cuba constituait l’ensemble le plus intégral parmi les vingt programmes de
sanctions économiques imposées par les USA à différents pays.
Le blocus économique, commercial et financier appliqué par les Etats-Unis
d’Amérique a, jusqu’à décembre 2007, causé à Cuba des pertes économiques
– calculées au plus bas – supérieures à 93 milliards de dollars.
On trouvera ci-dessous des preuves irréfutables des nombreuses actions
engagées par les USA de juillet 2007 au premier semestre 2008 afin de
renforcer leur blocus déjà rigoureux.
30 juin 2007 : Des fonctionnaires du Département de sécurité intérieure
séquestrent, à la frontière entre le Québec et le Maine, une cargaison de
produits médicaux collectés par la Caravane d’amitié Québec-Cuba et dont
le transfert à Cuba était prévu dans le cadre de la Dix-huitième Caravane de
l’organisation Pasteurs pour la paix, qui fit savoir dans un communiqué que,
selon les explications desdits fonctionnaires, ils avaient reçu des instructions
de ne rien laisser passer à destination de Cuba. Les dons furent mis sous
séquestre pendant trente jours afin d’enquêter sur la « menace » qu’ils
présentaient censément à la sécurité des USA.
11 juillet 2007 : L’Office of Foreign Assetts Control (OFAC), rattaché au
département du Trésor, fait savoir qu’elle a infligé une amende de 22 000
dollars à la société étasunienne Logica CMG Inc., parce que son
prédécesseur, CMG Telecommunications, Inc., a fourni, assemblé et
exporté des ordinateurs à Cuba et offert une aide après-vente.
5 août 2007 : Le département du Trésor refuse de renouveler le permis à
l’ONG étasunienne Population Services International (PSI) de poursuivre
ses projets de coopération avec Cuba, dont la livraison de préservatifs Vives
et sa distribution à des groupes vulnérables au sida.
18 décembre 2007 : Le sénateur démocrate de la Floride, Bill Nelson,
présente le projet de loi S.2503 intitulé : «A bill to exclude from admission to
the United States aliens who have directly and significantly contributed to
the ability of Cuba to develop its petroleum resources, and for other
purposes » (visant à prohiber l’entrée aux USA d’étrangers ayant contribué
d’une manière directe et significative aux capacités de Cuba de développer
ses ressources pétrolières »), qui propose d’abroger l’Accord sur les
frontières maritimes signé entre les deux pays en 1977 et de mettre en
place d’autres mesures, sous prétexte de « faire face au danger potentiel »
que le programme de prospection et d’exploitation d’hydrocarbures lancé
par Cuba dans sa Zone économique exclusive représente pour les
écosystèmes de la Floride.
24 janvier 2008 : L’Oil & Gas Journal informe que Bill Nelson a adressé une
lettre au président Bush pour lui demander de ne pas rénover l’accord sur
les frontières maritimes.
7 février 2008 : La Maison-Blanche publie une note émise la veille par le
président Bush et intitulée : « Continuation of National Emergency with
respect to Cuba », prorogeant la Proclamation présidentielle 7757 de 2004
qui avait élargi la portée de la situation d’urgence nationale autour de Cuba,
laquelle visait à empêcher l’entrée de bateaux de croisière étasuniens dans
les eaux cubaines et donc à priver notre pays de ressources financières et à
renforcer le blocus.
22 février 2008 : L’OFAC informe avoir infligé des amendes à deux sociétés
étasuniennes : à Bank Atlantic, pour n’avoir bloqué en juillet 2004 une
transaction financière intéressant censément le gouvernement cubain ; à
RMO, Inc., pour avoir censément engagé un transfert de fonds relatif à des
voyages à Cuba ; ainsi qu’à cinq individus (montant de l’amende : 9 238,87
dollars) pour avoir acheté de cigares cubains à travers Internet.
4 avril 2008 : Le Département de sécurité intérieure, en particulier son
service de garde-côtes, émet de nouvelles réglementations de sécurité
concernant les bateaux accostant aux USA en provenance de pays
déterminés, dont Cuba, sous prétexte que les précédentes sont
« inefficaces dans l’application des mesures antiterroristes » : lesdits
bateaux seront soumis à des inspections supplémentaires et à des taxes de
sécurité plus élevés.
11 avril 2008 : L’OFAC annonce avoir infligé une amende de 2 970 dollars à
l’United Advantage Northwest Federal Credit Union pour avoir transféré des
fonds à Cuba sans autorisation, et une amende de 1 898,04 dollars à trois
individus pour avoir acheté des cigares cubains sur Internet.
14 avril 2008 : L’OFAC annonce avoir infligé une amende de 16 250 dollars
à la société financière étasunienne Citigroup pour avoir accepté sans
autorisation des paiements pour des biens envoyés à travers une société
cubaine ; une amende de 6 000 dollars à un individu pour avoir reçu ou
payé des biens et services intéressant censément Cuba ; une amende de 1
063 dollars à un deuxième individu pour avoir fait des transactions
commerciales de services, et une amende de 282,5 dollars à un troisième
pour avoir acheté des cigares cubains sur Internet.
3-. L’EXTRATERRITORIALITÉ DANS LA POLITIQUE DE BLOCUS
Cette dernière année, l’administration Bush a adopté de nouvelles mesures et
réglementations durcissant encore plus les sanctions et la traque de nature
extraterritoriale dont sont victimes des ressortissants, des institutions et des
sociétés de pays tiers qui établissent, voire se proposent d’établir avec Cuba
des relations économiques, commerciales, financières, scientifiques ou
techniques, s’ingérant ainsi dans des droits qui relèvent de la souveraineté des
Etats.
Les fusions et mégafusions de sociétés internationales, ainsi que les alliances
stratégiques à l’échelle mondiale dans lesquelles les Etats-Unis jouent un rôle
important, ont continué d’avoir des retombées négatives accrues sur Cuba,
dans la mesure où elles réduisent de plus en plus l’espace économique
international dans lequel notre pays peut opérer et complexifient son insertion
dans l’économie mondiale.
Cette circonstance, la prohibition d’user le dollar des Etats-Unis dans ses
transactions commerciales et financières, et les pressions et menaces exercées
par des fonctionnaires étasuniens pour entraver ou empêcher n’importe quelle
opération commerciale, financière ou de coopération avec des sociétés ou
institutions cubaines, élèvent grandement les coûts et dépenses des opérations
que Cuba réalise pour faire fonctionner son économie et assurer les conditions
de vie matérielles essentielles de la population.
De mai 2007 à avril 2008, le département du Trésor étasunien a continué de
harceler et de traquer dans le monde entier les institutions financières et
bancaires d’autres pays en vue d’interrompre toute relation ou transaction avec
Cuba. Il a aussi engagé des actions pour entraver le droit de tout pays à
commercer librement et souverainement avec qui bon lui semble, menaçant
grossièrement des sociétés de pays tiers pour qu’elles interrompent leurs
ventes et contrats avec Cuba.
Les Etats-Unis continuent de s’arroger le droit de légiférer à la place d’autres
Etats au sujet de leurs relations avec Cuba, s’attribuant même la capacité de
certifier leur conduite et leurs actions. Il vaut la peine de rappeler une fois
de
plus les grandes lignes des dispositions extraterritoriales de cette politique,
qui
provoquent de graves préjudices à Cuba et à des pays tiers. Elles interdisent :
· Que des filiales de compagnies étasuniennes dans des pays tiers aient
n’importe quelle transaction avec des compagnies cubaines.
· Que des sociétés de pays tiers exportent aux USA des produits d’origine
cubaine ou des produits contenant une matière d'origine cubaine.
· Que des sociétés de pays tiers vendent à Cuba des biens ou des services
contenant plus de 10 p. 100 de composants étasuniens, même si les
propriétaires sont des nationaux d'autres pays.
· Que des navires marchands, quelque pavillon qu’ils battent, transportant
des produits vers ou depuis Cuba accostent aux USA.
· Que des banques de pays tiers ouvrent des comptes en dollars à des
personnes juridiques ou naturelles cubaines ou fassent des transactions
financières dans cette monnaie avec elles.
· Que des hommes d’affaires de pays tiers fassent des investissements ou
des affaires avec Cuba ayant à voir avec les biens soumis à des
réclamations d'Etasuniens ou de personnes qui, bien que nées à Cuba,
auraient acquis cette nationalité. Auquel cas ils sont pénalisés : refus de
visa pour entrer aux USA (extensible à la famille) ; ouverture d’actions
légales devant les tribunaux, et autres.
4-. PRÉJUDICES CAUSÉS PAR LE BLOCUS AUX SECTEURS À PLUS
FORTES RETOMBÉES SOCIALES
Depuis que les USA ont commencé à appliquer leur blocus, ils ont visé en
priorité les secteurs de l’alimentation et de la santé en vue de fomenter la
faim
et les maladies, et donc de pousser le peuple au désespoir et à l’inciter à
renverser son gouvernement. Telle est bien l’essence de cette politique
génocidaire.
ALIMENTATION
Durant la période analysée, le blocus a provoqué des préjudices de plus de
174 millions de dollars au secteur de l’alimentation, tout en continuant d’avoir
des retombées négatives sur la production alimentaire destinée à la population.
Ainsi donc, non contente de devoir subir la flambée des cours internationaux
des aliments, Cuba a été forcée de faire des dépenses additionnelles
imprévues à cause des restrictions que lui impose le blocus :
Les importations d’aliments depuis les USA continuent de se caractériser
par leur insécurité, car elles sont soumises à des mesures rigoureuses de
supervision et d’octroi de permis à l’exportation et au transport des produits
agricoles vers notre pays. en 2007, la société ALIMPORT a dû bloquer des
fonds durant une période moyenne de dix à quinze jours avant la réception
des marchandises, soit un préjudice d’environ 30 millions de dollars. Aux
obstacles bien connus, vient s’ajouter maintenant une nouvelle
réglementation entrée en vigueur le 18 avril relative à une inspection
supplémentaire des cargos qui vise à imposer une entrave de plus aux
ventes d’aliments, puisqu’elle renchérit les opérations des armateurs et
fonctionne comme un mécanisme de dissuasion.
Si Cuba avait accès à la technologie d’élevage utilisée par les USA, elle
pourrait produire 153 millions d’oeufs de plus et économiser des aliments
pour animaux d’une valeur de 6,8 millions de dollars par an.
La production de viande de poulet a été touchée par la carence de batteries
à température contrôlée et des équipements nécessaires. Si Cuba pouvait
en disposer, la production augmenterait pour une valeur de 35,3 millions de
dollars, ce qui assurerait une source de protéines stable à la population et
donnerait un emploi à plus de quatre mille travailleurs replacés dans
d’autres secteurs.
Le secteur agricole n’a pu acheter des semences certifiées à haut
rendement et à qualité génétique élevée auprès de sociétés spécialisées
étasuniennes. En 2007, Cuba a importé environ 27 652,65 tonnes de
pomme de terre, dont 10 461,45 du Canada et 17 191,20 d’Europe, et
environ 67,3 tonnes de semences potagères d’Europe, du Japon et du
Moyen-Orient. Importer des semences de ces parties du monde peut
prendre deux mois et provoquer des retards dans les programmes de
semailles de nombreuses cultures. Si Cuba avait pu importer des USA, elle
aurait économisé 177 844,65 dollars.
Parmi les exemples prouvant les retombées de l’extraterritorialité dans le
secteur de l’alimentation, on peut citer les suivants :
La société mixte cubano-française Los Portales, d’eaux minérales et sodas,
a été touchée par le fait que la société FAMEX S.A. de CV du Mexique, qui
lui livre les canettes, a changé de fournisseur d’aluminium, lequel ne peut
satisfaire à l’exigence selon laquelle les canettes produites pour Cuba ne
peuvent contenir plus de 12 p. 100 d’intrants étasuniens. Cette situation a
impliqué une augmentation de 6,15 dollars pour mille canettes importée,
soit, durant cette période, des dépenses supplémentaires de 900 000
dollars. Cette même situation a touché la société mixte Bucanero, à capitaux
cubains, belges et brésiliens, qui se fournissait auprès de la même société
mexicaine et qui a dû dépenser 1,2 million de dollars.
La société cubaine Maquimport a été contrainte de recourir à un
intermédiaire pour acheter des équipements destinés à l’amélioration de la
technologie de l’industrie rizicole, après que la société correspondante a eu
refusé d’opérer directement avec Cuba pour ne pas léser ses intérêts aux
USA, soit un préjudice de 75 600 dollars.
La société mixte CORACAN, à capital cubano-canadien, de production et
commercialisation de préparations instantanées, a dû, en juillet 2007, résilier
le contrat nº 07/08 d’importation de 270 tonnes de sucre avec la société
brésilienne COSAN S.A., parce que celle-ci est devenue une société
publique du NEW YORK STOCK EXCHANCE-NYSE, cotée en bourse et ne
pouvant donc pas faire du commerce avec Cuba. L’absence de ces
livraisons et la paralysie de l’industrie pendant sept jours ont entraîné un
manque à gagner de 180 0000 dollars et des dépenses financières
supplémentaires pour 11 500 dollars en commissions et intérêts bancaires.
SANTÉ PUBLIQUE
De mai 2007 à avril 2008, le secteur de la santé publique a souffert des
préjudices calculés à plus de 25 millions de dollars.
Non seulement Cuba doit acheter plus cher les produits et les équipements sur
des marchés lointains et passer par des intermédiaires qui renchérissent
encore plus les coûts, mais ses personnels médicaux se voient parfois dans
l’impossibilité d’offrir le meilleur traitement aux malades –d’où souffrance de
ceux-ci, de leurs familles et des personnels sanitaires– parce que des sociétés
pharmaceutiques étasuniennes ont le monopole de produits et de technologies
qui s’avèrent déterminants pour soigner différentes maladies.
En voici quelques exemples pour la période analysée :
Faute d’intrants déterminés, certaines techniques opératoires de la chirurgie
cardiovasculaire pour enfants ne peuvent se réaliser. Le fait que Cuba
doivent les acheter sur des marchés lointains à travers de tiers a entraîné un
surcoût de 245 072 dollars, dont 1 389 rien qu’à titre de fret, ce qui limite
les
possibilités d’achat.
Cuba n’a pas pu acheter les dispositifs nécessaires au cathétérisme
d’intervention et à d’autres techniques de fermeture de défauts congénitaux
du coeur, la société Boston Scientific and Amplatzer ayant refusé de
négocier avec elle, ce qui a allongé la liste d’attente des enfants cubains qui
devront soumis à une chirurgie à coeur ouvert, avec tous les risques qu’elle
implique pour l’espérance de vie et la santé des enfants malades. Ce refus a
concerné entre autres:
o María Gainza Pozo, deux ans, province d’Holguín, commune de Sagua
de Tánamo, dossier clinique nº 680689.
o Olivia Oliva Báez, trois años, La Havane, commene Centro Habana,
dossier clinique nº 683826
o Félix Cruz, quatre ans, province de Matanzas, commune de Colón,
dossier clinique nº 657743
o Fidel Valeriano Ramos, six años, province de Matanzas, commune de
Jagüey Grande, dossier clinique nº 681080.
Le Centre national de génétique médicale n’a pas pu acheter un appareil de
séquençage de gènes, qui lui est indispensable, pour la simple raison qu’il
n’est fabriqué que par des sociétés étasuniennes, si bien qu’il ne peut
réaliser des diagnostics et des études de maladies comme la surdité, la
perte de l’audition héréditaire, le cancer du sein héréditaire, la fibrose
kystique, et se voit limité dans les diagnostics d’un grand nombre de
mutations de gènes causant des maladies telles que la phénylcétonurie, les
maladies mitochondriales, les maladies de Wilson et de von Hippel-Lindau,
et par conséquent dans le suivi génétique de la famille.
L’Institut national d’endocrinologie et de maladies métaboliques, faute de
pouvoir acheter aux USA les seringues nécessaires pour administrer
l’insuline aux diabétiques, doit les acheter plus cher sur des marchés
asiatiques.
Ne pouvant acheter l’appareil de diagnostic par imagerie PET-CT (Positron
Emission Tomography-Computerized Tomography), qui offre en
cancérologie moderne la meilleure qualité d’images et la meilleure précision
en ce qui concerne les données physiologiques, parce que l’administration
étasunienne interdit aux trois seuls fabricants au monde de le vendre à
Cuba, l’Institut de cancérologie et de radiobiologie a dû dépenser 288 355
dollars de plus.
La société allemande Siemens a refusé de réparer une caméra Gamma, un
équipement à technologie de pointe très utile en oncologie et dans les
études, sous prétexte que les pièces détachées sont des USA et qu’elle n’a
pas le permis d’exportation des autorités de ce pays, ce qui cause bien
entendu des préjudices à la population cubaine.
Le refus de la société étasunienne Saint-Jude de continuer de vendre ses
valves prothétiques à cause des pressions du département du Trésor, a des
effets négatifs non seulement sur l’activité chirurgicale, mais aussi sur
l’activité hémodynamique, car cela affecte des patients ayant besoin de ces
stimulateurs cardiaques.
Les échanges savants entre Cuba et les Etats-Unis ont été limités par le
refus de l’administration étasunienne de délivrer des visas aux spécialistes
de la santé. Ainsi, plus de trente spécialistes cubains n’ont pu assister à des
réunions, conférences ou échanges d’expériences avec leurs collègues des
USA. A quoi s’ajoutent les mesures destinées à empêcher l’accès aux
bibliographies et documents scientifiques. Par ailleurs, Cuba a été interdite
de devenir membres de la Société américaine de microbiologie.
Le prestigieux Institut de médecine tropicale Pedro Kouri continue d’avoir de
sérieuses difficultés à diagnostiquer l’encéphalite provoquée par le virus du
Nil occidental (West Nile), une maladie qui se transmet surtout à travers les
oiseaux migratoires, car les sociétés étasuniennes Fisher et Sygma ont
refusé de lui vendre une incubatrice et l’huile minérale nécessaires à ses
recherches. De même, la société étasunienne Biorad a refusé de vendre à
Cuba l’équipement utilisant la technique d’électrophorèse en champ pulsé,
nécessaire à la surveillance épidémiologique moléculaire des bactéries
Salmonella, Escherichia coli, Shigella et Vibrio cholerae, qui provoquent de
sévères infections.
Le programme cubain contre le VIH/sida est entravé par le refus de sociétés
étasuniennes de vendre des équipements de diagnostic et de traitement de
séropositifs et de sidéens.
Le blocus empêche des sociétés étasuniennes produisant des pesticides,
des appareils de fumigation et des ressources d’entomologie médicale de
faire du commerce avec Cuba, si bien que celle-ci doit se fournir sur des
marchés tiers à des coûts bien plus élevés, surtout à cause du fret et des
commissions : ainsi, durant cette période, elle a acheté des appareils de
fumigation pour 450 000 dollars, des pièces de rechange pour ceux-ci pour
85 000 dollars et de pesticides pour 370 000 dollars, alors que ces mêmes
achats aux USA lui aurait permis d’économiser environ 750 000 dollars et de
les obtenir plus vite
Parmi les exemples prouvant les effets de l’extraterritorialité dans le domaine
de la santé, donnons les suivants :
Redoutant de se voir infliger une amende, la société japonaise Hitachi a,
sous prétexte de composants étasuniens, refusé de vendre une
ultracentrifugeuse nécessaire à la technique diagnostique de Western-Blot,
élément clef du dépistage de cette maladie.
Rachetée par une société étasunienne, la société suédoise Pharmacia n’a
pu continuer de nous vendre l’hormone de croissance GH utilisée en
endocrinologie pédiatrique pour le traitement d’enfants souffrant de
problèmes de croissance (petite taille) pour déficit de cette hormone.
Cuba n’a pu recevoir environ trois millions de seringues jetables destinée à
la vaccination infantile (valeur : 256 000 dollars) à travers l’Alliance
mondiale
pour les vaccins et l’immunisation, car les fournisseurs ont affirmé ne pas
pouvoir les vendre si la destination final était l’île.
Le 4 juin 2008, la société Merck SA nous a fait savoir que la société
britannique Whatman avait été achetée par GE Healthcare, des USA, qui lui
avait aussitôt interdit catégoriquement de vendre des produits de marque
Whatman à Cuba, la lettre de Merck précisant : « Nous avons annulé toutes
les commandes de nos clients en instance à Cuba et interrompu totalement
nos activités en rapport avec les produits Whatman ».
AUTRES SECTEURS D’IMPORTANCE SOCIALE
Education et culture
Les secteurs de l’éducation et de la culture ont été particulièrement touchés
par
les conséquences néfastes du blocus économique, commercial et financier
appliqué à la nation cubaine par les USA.
ÉDUCATION
Le gouvernement cubain consent d’énormes efforts pour assurer une éducation
de qualité et un recyclage permanent à tous sans exclusions, mais le blocus
constitue un sérieux obstacle dans ce sens. En voici quelques exemples :
· Le système d’éducation, du primaire au supérieur, se heurte à de fortes
limitations pour assurer la logistique d’étude nécessaire, les équipements et
les appareils de laboratoire, car le blocus entrave les efforts faits pour les
obtenir sur le marché mondial.
· Le blocus se fait sentir durement dans les écoles d’éveil de la vocation, mais
aussi dans les établissements de l’éducation spéciale où il est impossible
d’acheter des moyens diagnostiques, des produits informatiques et des
moyens didactiques produits en général aux USA ; ainsi qu’à des matériaux
jetables, des pièces détachées ou d’autres équipements fabriqués par des
sociétés étasuniennes ou leurs filiales dans des pays tiers. Prenons le cas
des seize écoles spéciales pour sourds et des cinq garderies qui exigent un
équipement spécialisé pour le développement de la faculté auditive, dont un
cabinet auditif et deux logiciels de visualisation du langage pour pouvoir
opérer les corrections requises d’une manière individuelle.
· Environ 2 230 enfants à limitations physico-motrices soignés à domicile ne
disposent par de moyens informatiques brevetés aux USA, tels que des
claviers intelligents, des écrans tactiles et des interrupteurs, entre autres.
Il a
aussi été impossible d’acheter des chaises roulantes pour enfants devant le
refus des fabricants étasuniens de les vendre (exemple de refus à travers
www.spinlife.com). La plupart des sociétés consacrées aux besoins de
l’éducation spéciale sont étasuniennes (WPPISI, WAIS et GRACE
ARTHUR), si bien que les enfants cubains n’ont pas accès pa leurs produits.
· L’enseignement moderne fait un usage intensif des ordinateurs, la
proportion idéale étant d’au moins un ordinateur pour dix élèves. Mais Cuba,
à cause des limitations financières du blocus, se voit réduite à une
proportion d’un ordinateur pour trente-trois élèves.
· Interdite d’acheter aux USA ou à des filiales les intrants nécessaires à
l’année scolaire 2008-2009, Cuba a dû se fournir sur des marchés lointains,
si bien que le seul fret a engendré des dépenses supplémentaires de 2 505
600 dollars.
· Le blocus nous empêche d’accéder à des produits informatiques de
première catégorie, tels que bases de données, bibliographies et services
informatiques sur Internet, nécessaires à un enseignement meilleur et plus
efficace et à une meilleure qualité dans la formation des élèves. Les
professeurs et chercheurs cubains ne peuvent participer à des réunions
scientifiques et à des cours de perfectionnement à cause des clauses
extraterritoriales du blocus : ainsi, Julia Noda Gómez, docteur en sciences
médicales, n’a pu assister à un atelier de formation en surveillance et
supervision de la grippe aviaire.
· La prohibition de transactions bancaires entre Cuba et les USA porte
préjudice à la participation d’étudiants étasuniens à des cours de troisième
cycle d’universités cubaines. Ainsi, l’Université de La Havane a essuyé des
pertes de plus de 1,5 million de dollars après qu’elle a dû arrêter les cours
d’espagnol, d’arts et lettres, d’histoire et d’économie qu’elle offrait à des
étudiants étasuniens depuis plusieurs années.
CULTURE
La culture cubaine n’échappe pas aux retombées du blocus étasunien, le
durcissement de celui-ci ayant empêché des échanges entre les deux peuples
sur les plans artistiques et littéraires.
· Des musiciens, des artistes plasticiens, des troupes de ballet et de théâtre,
entre autres, n’ont pu exposer ou vendre leurs oeuvres, se produire, vendre
leurs productions discographiques ou leurs livres aux USA, malgré leur
qualité reconnue au plan international. Ceux qui ont pu le faire ne peuvent
toucher les cachets correspondants, ou les sommes affectées à des prix
données par de prestigieuses institutions, ou les droits d’auteur y afférents.
· Les sociétés cubaines EGREM et BisMusic ne peuvent faire des opérations
commerciales directes avec des clients étasuniens pour placer la musique
cubaine – à la qualité reconnue sur le plan international – sur le marché
étasunien, car les impresarios de ce pays redoutent d’être sanctionnés en
vertu des clauses du blocus. Ainsi, Cuba doit vendre ses produits par tiers
interposés, ce qui implique des frais supplémentaires de 20 p. 100.
· L’industrie cinématographique cubaine ne peut vendre ses oeuvres par voie
satellitaire – un mécanisme utilisé fréquemment pour vendre des films et
des reportages – parce que les USA sont les maîtres absolus de cette
technologie : si elle pouvait le faire, elle percevrait des entrées
supplémentaires de 5 millions de dollars, ce qui servirait à améliorer le
fonctionnement des 358 cinémas du pays, des 174 salles de vidéo et des
160 vidéothèques qui doivent acheter des appareils de projection, de son,
de transmission de signaux audiovisuels et les pièces détachées, des
magnétoscopes à cassettes, des lecteurs de DVD, des fauteuils de cinéma
et des tapis. Or, elle doit se pourvoir en Europe à des prix bien plus élevés.
Ainsi, un projecteur de vidéo coûte 3 000 dollars aux USA, mais 5 000 en
Europe.
· Dans la première quinzaine d’avril 2008, l’administration étasunienne a
refusé les visas au réalisateur Juan Carlos Tabío et à l’acteur Luis Alberto
García qui avaient été invités au festival de cinéma Havana, à New York, où
un hommage était prévu. De même, d’autres prestigieux artistes cubains
n’ont pu assister pour cette même raison à des rencontres de grand prestige
international, comme le Festival latino de Chicago, le Sundance Film
Festival et Festival latino de Los Ángeles.
· Peter Nadin, un artiste anglo-étasunien installé à New York, qui devait
exposer à La Havane (El Primer Trazo), a dû envoyer ses oeuvres depuis le
Canada à un coût additionnel de plus de 5 000 dollars. Par ailleurs, le
département étasunien du Trésor a ajourné très longtemps son permis de
voyage, ce qui l’a contraint à rater de nombreuses expositions de ses
oeuvres.
TRANSPORT
L’Etat cubain a lancé un vaste programme de relèvement du transport dont les
résultats sont déjà perceptibles tant pour la population que pour l’économie.
Mais le blocus continue de peser sur cette politique, retardant cette
récupération du transport.
En voici quelques exemples:
· L’impossibilité d’acheter des parties et des pièces détachées pour réparer
les locomotives, en grande partie en provenance des USA, a déprimé le
transport de marchandises : ainsi, durant la période analysée, il a fallu, faute
de locomotives, annuler 280 voyages, et donc cesser de transporter environ
250 000 tonnes, ce qui a causé des préjudices non seulement à la société
des chemins de fer, mais aussi, et encore plus, à la population car il s’agit
de marchandises destinées pour la plupart à la consommation.
· Durant la période analysée, le système de transport en commun de La
Havane n’a pu transporter plus de 19 millions de passagers
supplémentaires, faute de pièces détachées qu’il faut aller acheter, par
intermédiaires interposés, sur de lointains marchés.
· Le blocus a contraint le secteur des transports à des dépenses
additionnelles de plus de 70 millions de dollars : importations plus chères
pour recherche de marchés (18 millions) ; financement additionnel pour
risque-pays (5 millions) ; frets et assurances plus chers (21 millions) ;
immobilisation de ressources en stocks (18 millions) et surcoût de
financement (8 millions).
· Exemple d’extraterritorialité du blocus : les sociétés maritimes P&O
Needlloyd (ancien client) et CMA-CGM (France) se sont vues mettre sous
séquestre des fonds de 56 000 et 500 000 dollars respectivement pour avoir
fait des transactions en dollars avec le terminal de conteneurs de La
Havane.
4.1-.PRÉJUDICES CAUSÉS À L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE
EXTÉRIEURE
Le blocus a visé d’emblée à priver Cuba de ses recettes d’exportations de
biens et services, à l’empêcher d’avoir accès aux sources extérieures de
financement ou à entraver cet accès, à augmenter ses frais, soit parce qu’elle
doit acheter les produits plus cher soit parce qu’elle ne peut accéder à des
marchés proches et doit se fournir sur des marchés lointains, ce qui élève les
frais de transport ou l’oblige à constituer des stocks plus importants que la
normale.
Durant cette période, les autorités étasuniennes ont intensifié leur traque de
toutes les opérations commerciales et transactions bancaires de Cuba partout
dans le monde, ce qui prouve que le blocus est loin d’être, contrairement à ce
qu’elles affirment, une question bilatérale.
Les préjudices causés en 2007 aux exportations cubaines de biens et services
ont été calculés à 1 745 600 000 dollars, ce chiffre incluant le manque à
gagner du fait que Cuba ne peut plus exporter aux USA des produits
traditionnels (produits agricoles, légumes, fruits, café, miel, poissons, fruits
de
mer, tabac en feuille, cigarettes et cigares, sucre et dérivés, rhum, minerais
et
autres produits et services), ce manque à gagner étant calculé à partir des
parts en pourcentage qu’ils pourraient occuper sur ce marché.
Le fait que Cuba a dû et doit repositionner géographiquement son commerce et
ses marchés, de pair avec les dommages et préjudices causés par
l’extraterritorialité de la politique étasunienne, provoquent des frais
extraordinaires au commerce extérieur cubain, de l’ordre de 956 200 000
dollars, ce chiffre incluant l’élévation des cours des produits qu’achète le
pays,
le renchérissement des frets et assurances de transports, les stocks et
réserves que doit constituer Cuba, compte tenu de cette situation anormale,
des conditions de financement plus onéreuses, les pertes causés par les
fluctuations des parités du fait des pressions exercées par les USA sur les
banques et de la prohibition faite à Cuba d’utiliser le dollar dans ses
transactions.
Durant cette période, l’administration étasunienne s’est efforcée d’entraver les
opérations monétaires et financières de Cuba, d’empêcher l’usage du dollar
dans ces transactions et l’accès aux sources de financement. Contraint de
recourir à d’autres devises, le pays doit assumer des dépenses
supplémentaires à cause des fluctuations des taux de change et d’autres frais
bancaires (dit double forex).
Ainsi, une banque cubaine qui a reçu des crédits d’une banque européenne
libellés en dollars, mais payables en euros, a dû payer 0,14 p. 100 de plus en
douze mois à cause de ce double change.
La période analysée s’est caractérisée fondamentalement par une diminution
des possibilités d’utiliser nos banques correspondantes, ce qui rend les
transactions moins opérationnelles dans la mesure où, sans préavis, il faut
chercher de nouvelles voies pour exécuter les opérations avec l’extérieur, sans
parler des limitations relatives à l’usage du dollar comme moyen de paiement.
La tendance des institutions financières et bancaires étrangères de refuser de
confirmer ou de notifier des lettres de crédit, de maintenir des relations avec
des banques cubaines, voire de réaliser des opérations courantes de petite
envergure, se maintient et s’accroît. Certaines banques étrangères ont
commencé à exiger dans chaque cas des preuves de l’origine des fonds
transférées par des banques cubaines.
Les banques et les institutions financières bien implantées aux USA redoutent
des représailles de la part des autorités étasuniennes qui cherchent la moindre
information sur les affaires avec Cuba pour entraver l’accès aux plateformes de
ventes de bons.
Citons un autre facteur qui renforce le blocus financier contre Cuba et met en
lumière son caractère extraterritorial : l’organisme qui règlement la bourse des
valeurs aux USA, la Securities and Exchange Commission (SEC) a, le 25 juin
2007, publié sur Internet une « liste noire » des sociétés étrangères faisant
des
affaires avec les cinq pays certifiés par le département d’Etat de « promoteurs
du terrorisme », ce qui inclut bien entendu Cuba pour les raisons de
manipulation politique que l’on connaît bien : cette liste comprend donc
vingthuit
sociétés cubaines, essentiellement des secteurs de la banque, du pétrole,
des communications, de la biotechnologie et des lignes aériennes, le site web
correspondant possédant des liens contenant l’information que chacune de ces
sociétés a déclarée au sujet de ses relations avec Cuba.
On trouvera ci-après quelques exemples de la façon dont le blocus entrave les
opérations bancaires et financières des sociétés et institutions cubaines :
27 juin 2007 : La filiale de la banque milanaise Anton Veneta reçoit des
instructions de sa maison-mère de bloquer tout transfert à Cuba dans
quelque monnaie que ce soit. Cette banque avait déjà mis sous séquestre,
deux jours plus tôt, un virement bancaire de 41 000 euros de l’agence de la
Société touristique cubaine Cubanacán dans cette ville.
29 août 2007 : Le Financial Times informe que les départements
étasuniens du Trésor et de la Justice enquêtent sur une quarantaine de
banques étrangères qui auraient censément violé les réglementations
contre des pays sujets à des sanctions, dont Cuba ; bien que n’ayant pas
révélé les noms des banques concernées, le journal commente qu’elles
sont essentiellement européennes et qu’elles mènent des négociations au
sujet des amendes qui leur seraient infligées.
1er novembre 2007 : Peu après le rachat de la banque canadienne CU
Electronic Transaction Services (CUETS) par la filiale canadienne de la
Bank of America, on apprenait que les cartes de crédit MasterCards qu’elle
avait émises ne pourraient plus être utilisées à Cuba, en Corée du Nord, au
Myanmar, en Iran et au Soudan, dans le cadre des sanctions étasuniennes.
La section 211 de l’Omnibus Consolidated and Emergency Supplemental
Appropriations Act, 1999, et les nouvelles agressions dans le domaine
des marques commerciales.
Se valant de la section 211 de l’Omnibus Consolidated and Emergency
Supplemental Appropriations Act, 1999, le gouvernement étasunien a
poursuivi ses actions et ses mesures pour couronner le vol des marques
cubaines de rhum et de cigares de renommée mondiale Havana Club et
Cohíba, cette section empêchant les titulaires cubains ou leurs successeurs,
dont les sociétés étrangères ayant des intérêts à Cuba, de voir reconnus aux
Etats-Unis leurs droits sur les marques ou les noms déposés et protégés à
Cuba ayant à voir avec d’anciens biens nationalisés par le gouvernement
cubain et d’en jouir.
L’application de la Section 211 et les mesures concomitantes adoptées par
l’administration étasunienne ont donc des implications très négatives non
seulement dans les relations bilatérales entre Cuba et les USA, mais encore
dans le domaine multilatéral, puisqu’elle viole des accords agréés à l’échelle
multilatérale. Le précédent nocif que pose cette Section 211 pour le commerce
international a contraint l’Organe d’appel de l’Organisation mondiale du
commerce (OMC) à reconnaître en janvier 2002 qu’elle violait les obligations du
traitement national et de la clause de la Nation la plus favorisée de l’Accord
sur
les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce
(ADPIC), et à presser les USA d’ajuster cette législation aux dites obligations
dans les meilleurs délais.
Le gouvernement étasunien n’en a fait aucun cas : il a constamment ajourné
jusqu’ici la mise en oeuvre de cette décision de l’organe compétent de l’OMC,
ce qui corrobore éloquemment son manque de volonté politique de régler ce
différend et de respecter les normes du commerce international. C’est là un
précédent aux conséquences imprévisibles en matière de droits de propriété
intellectuelle qui touchent au commerce.
4.2-.PRÉJUDICES CAUSÉS À D’AUTRES SECTEURS DE L’ÉCONOMIE
CUBAINE
L’industrie touristique, compte tenu de son poids dans l’économie cubaine,
continue de faire l’objet de fortes attaques dans le cadre du Plan Bush, au
point
que le manque à gagner pour ce motif a été calculé à 1 419 400 000 dollars.
L’exemple le plus notoire est peut-être celui du voyagiste anglais Steve
Marshall, qui vit en Espagne et vend des voyages à des Européens souhaitant
des destinations tropicales, dont Cuba : en octobre 2007, près de quatre-vingts
de ses sites web ont cessé soudain de fonctionner par suite de l’action du
département du Trésor qui a argué que la société eNom avait violé la loi dans la
mesure où elle avait aidé des Etasuniens à contourner les restrictions imposées
aux voyages dans l’île et « générait des ressources utilisées par le régime
cubain ».
Parmi les domaines fermés à cause du blocus, citons www.cubahemingway.
com, de nature littéraire, www.cuba-havanacity.com ayant trait à
l’histoire et à la culture cubaines, et d’autres sites d’aide à des touristes
français
et italiens, comme www.ciaocuba.com et www.bonjourcuba.com.
Selon une déclaration faite par l’American Society of Travel Agents (ASTA)
devant l’United States International Trade Commission (ITC), si le blocus
n’existait pas qui interdit aux Etasuniens de voyager à Cuba, 1 300 000
touristes de séjour et un 500 000 touristes de croisière pourraient y venir sur
le
court terme. Des enquêtes de marché réalisées par des compagnies
touristiques étasuniennes et d’autres liées au transport aérien, estiment qu’une
fois le blocus levé, plus de 5 millions d’Etasuniens se rendraient à Cuba tous
les ans.
Durant la période analysée, l’OFAC s’est attaché à menacer et à sanctionner
toutes ventes en ligne de services touristiques cubains, réservation de billets,
logement, location d’avions, tourisme de croisière et tourisme nautique.
Selon l’OFAC, la populaire agence de voyage étasunienne par Internet,
Travelocity.com, a dû payer une amende de 182 750 dollars pour avoir, de
1998 à avril 2004, violé le blocus à 1 458 reprises en fournissant sans la
permission requise des « services de billets et d’hôtels dans lesquels le
gouvernement ou des citoyens cubains avaient des intérêts ».
En conformité avec les nouvelles mesures adoptées par le département de
sécurité intérieure dans le cadre du programme Vol sûr, les lignes aériennes du
Canada qui survolent les USA doivent, à compter d’octobre 2007, fournir les
coordonnées personnelles, soixante-douze heure à l’avance, de tous les
passagers, ce qui inclut les vols vers Cuba, cette mesure permettant de
renforcer la traque des Etasuniens et des Cubains vivant aux USA qui
prétendent se rendre à Cuba.
Début 2008, l’OFAC a appliqué des pressions renforcées sur la société Boeing,
qui a finalement menacé AirEurope de lui supprimer tous les services jugés
indispensables si elle continuait de louer ses avions à la compagnie Cubana de
Aviación : compte tenu des conséquences que cela pouvait pour elle, la
compagnie européenne a cessé de louer ses avions et de réaliser d’autres
opérations de vol avec Cubana de Aviación, ce qui a causé des préjudices à
des voyageurs en provenance d’Espagne, du Royaume-Uni et de France et
provoqué des pertes de plus de 2 000 000 de dollars à l’industrie touristique
cubaine.
Le 14 février 2008, la société d’assurance japonaise AIU Insurance Company,
sur instructions de sa maison mère étasunienne, a informé ses clients de sa
décision d’exclure un groupe de pays, dont Cuba, de sa police d’assurance
pour des voyages à l’étranger, ce qui a diminué le nombre de touristes japonais
à Cuba à cause du renchérissement de la police d’assurance et des forfaits
touristiques.
La société japonaise Yamaha, qui vendait depuis vingt ans des moteurs
destinés aux secteurs cubains de la pêche et du tourisme, a cessé de le faire
sous prétexte du blocus, et refuse même de vendre des pièces détachées.
L’un des principaux préjudices causés à l’industrie halieutique par le blocus
est l’impossibilité de vendre sur le marché étasunien, l’un des plus importants
au monde en consommation de poissons et de fruits de mer : le manque à
gagner s’est chiffré pour la période analysée à 4 886 900 dollars.
Par ailleurs, si Cuba avait pu vendre des queues de langoustes et des crevettes
sur le marché étasunien, elle aurait économisé 401 500 dollars à titre de droits
tarifaires, inexistant aux Etats-Unis, mais taxant les marchés européens et
canadien à hauteur de 4,3 à 5 p. 100.
Les recherches scientifiques, les investissements technologiques et la gestion
de la qualité des produits sont aussi affectés par le fait que Cuba ne peut
acheter les instruments et moyens de surveillance des systèmes de gestion de
sécurité des aliments basés sur l’Analyse des dangers et maîtrise des points
critiques (HACCP), que fournit la société étasunienne Noegen, de sorte qu’elle
doit recourir à des marchés lointains ou à des procédures de contrôle plus
onéreuses.
A cause du blocus, l’industrie sucrière a enregistré des pertes d’environ
113,5 millions de dollars. On en trouvera quelques raisons ci-après :
Ne pouvant accéder au marché sucrier préférentiel des USA (Contrat 14 de
New York applicable aux importations étasuniennes selon ce mécanisme),
Cuba doit vendre son sucre à un prix inférieur à celui qui est établi sur ce
marché, les préjudices se montant, compte tenu de la production sucrière
cubaine, à environ 27 millions de dollars.
Les sociétés étasuniennes et leurs filiales refusent de vendre à Cuba des
herbicides qui permettent de contrôler les mauvaises herbes avant et après
l’apparition des bourgeons de la canne à sucre, de sorte qu’elle doit acheter
des herbicides comme PLATEAU GD-70 (IMAZAPIC) sur des marché bien
plus lointains.
La société d’importation cubaine AZUIMPORT a voulu acheter à la société
japonaise Yamazaki Mazak Corporation des tours CNC et des centres
d’usinage à commande numérique, mais sa maison mère étasunienne lui a
fait savoir, en réponse à sa question : « Mazak Corporation ne peut offrir
ses produits et ses services à Cuba tant que le gouvernement étasunien
maintiendra son blocus. »
L’Etat cubain s’est lancé dans un vaste programme de constructions
importantes au bénéfice de la population, en particulier la réparation, la
réaménagement et l’agrandissement d’hôpitaux et d’écoles, la construction et
la réparation de logements et de routes, mais le blocus l’empêche de se fournir
d’une manière stable en matériaux, équipements et pièces détachées.
De mai 2007 à avril 2008, les préjudices causés aux plans de logements ont
été de 22 millions de dollars, une somme qui aurait permis à Cuba de
construire 3 646 logements de plus ou d’en réparer 7 600.
Le Groupe industriel GIMAC, qui produit et vend des équipements, des
produits et des services pour le logement, a dû acheter sur des marchés
lointains 58 conteneurs en PVC, de sorte qu’il a dû payer rien que pour la
différence de frets 79 344 dollars de plus, une somme qui lui aurait permis
d’acheter 40 tonnes de plus de PVC, autrement dit de produire 270 km de
conduits électriques pour 10 000 logements.
La société commerciale IMECO, qui importe des matériaux et produits de
construction, doit se fournir sur des marchés lointains, ce qui lui occasionné
des surcoûts de 15 300 000 dollars.
Cuba n’a pu acheter des châssis technologiques destinés à la fabrication de
plaques de fibrociment en vue de la construction de logements et de la
réparation de ceux qui ont été endommagés par des cyclones, car le
fournisseur, la société autrichienne HUYCK.WANGNER, a fait savoir que, filiale
du groupe étasunien Xerium Technologies, elle ne pouvait exporter à Cuba.
La société brésilienne KOMATSU a refusé de vendre à Cuba un grand nombre
d’équipements destinés à l’autoroute nationale, en tant que filiale d’une
société
étasunienne sujette aux réglementations du blocus.
De même, une opération commerciale concernant l’achat de compacteurs
Dynapac – largement utilisés en terrassement et nivellement de terrains – a dû
être annulée après signature des contrats, car le fournisseur européen a
finalement fait savoir que ces équipements étaient dotés de moteurs Cummins,
de marque étasunienne, et qu’il ne pouvait donc pas les livrer en vertu des
entraves du blocus. Il a fallu chercher d’autres fabricants, ce qui a retardé
d’autant leur utilisation.
L’industrie sidérurgique et de constructions mécaniques a essuyé de
préjudices se montant à plus de 69 millions de dollars.
La compagnie ACINOX, la principale productrice du pays de barres et de
dérivés de l’acier pour le bâtiment, a dû dépenser environ 6,7 millions de
dollars de plus faute de pouvoir accéder au marché étasunien et utiliser le
dollar dans ses transactions commerciales, une somme qui lui aurait permis de
produire 27 800 tonnes de plus de barres, suffisantes pour environ 18 533
appartements en édifices d’habitations, soit 25,7 p. 100 du plan prévu au
bénéfice de plus de 74 132 personnes.
Les société espagnoles ZIV P+ C et Chemetall ont refusé de vendre à Antillana
de Acero et à la société ALCUBA un terminal de protection à maximum de
courant numérique et des produits chimiques pour le prétraitement de profilés
d’acier galvanisé, respectivement, leur réponse ayant été la suivante :
« …Nous avons des difficultés avec les brevets de produits non européens… à
cause de l’blocus appliqué à votre pays, nous ne pouvons nous permettre
d’avoir des problèmes avec nos fournisseurs non européens. »
Le développement du secteur agricole, vital pour la sécurité alimentaire de la
population et du pays, a été sévèrement touché par le blocus. En voici
quelques exemples :
· Le Centre national de santé agricole (CENSA) ne peut acheter des produits
(composants et consommables) à la société Amersham Biosciences, filiale
de General Electric, destinés à un équipement servant à l’analyse
d’échantillons en vue du diagnostic de la grippe aviaire. Il a signé à ce jour
trois contrats différents avec trois fournisseurs différents, mais chaque fois
General Electric a fait échouer l’opération au motif qu’il s’agit de Cuba.
· Le laboratoire de techniques nucléaires de l’Institut de recherche
agronomique a dû fermer, faute de pouvoir acheter les équipements
spécialisés, si bien que Cuba ne peut faire d’études physiologiques et
génétiques de plantes tolérantes au stress abiotique, ce qui lui permettrait
d’obtenir de nouvelles variétés de cultures à rendement plus élevé en
situation de stress, et que le pays a dû acheter des semences hybrides bien
plus chères, ce qui a élevé les coûts de production de denrées alimentaires.
Le développement du secteur science, technologie et environnement
n’échappe à la politique criminelle des Etats-Unis. En voici quelques exemples :
· Le 6 décembre 2007, CNN a annoncé les gagnants du prix « Citoyens héros
de leur communauté » consacré à la protection et à la préservation de
l’environnement. La Cubaine Irania Martínez García a été l’une des
gagnantes parmi les 7 000 participants de 93 pays : elle a mobilisé sa
communauté, dans la province de Guantánamo, pour convertir une
décharge urbaine en centre de recyclage et en pépinières pour arbres,
plantes et légumes. Mais le blocus lui a interdit d’assister à la cérémonie de
remise des prix et de toucher les 10 000 dollars de récompense.
· A cause des entraves financières du blocus, le Centre d’études et de
services environnementaux (CESAM), de la province de Villa Clara, n’a pu
bénéficier (à cause de mise sous séquestre) des 4 500 dollars
correspondant au premier versement destiné à un projet de culture
d’éponges, financé par le Programme des Nations Unies pour
l’environnement (PNUE) à travers le Programme pour l’environnement des
Caraïbes (PEC), ce versement ayant été fait par le Bureau du PNUE à
Nairobi à la banque Morgan de New York.
· L’Institut d’information scientifique et technologique (IDICT) ne peut accéder
à la base de données centrale Premier Academy pour chercheurs en
sciences, technologie et médecine, qui existe depuis 1996 et contient entre
autres les ouvrages numériques de la maison d’édition Taylor & Francis.
Durant la période analysée, huit spécialistes de l’Agence de l’environnement
et deux de l’Académie des sciences de Cuba n’ont pas pu assister à des
réunions internationales tenues aux USA ou dans des territoires sous
juridiction des USA, comme dans le cas de Porto Rico, les autorités
compétentes leur ayant refusé le visa d’entrée ou n’ayant pas répondu tout
simplement à ces démarches.
L’effet extraterritorial du blocus se fait aussi sentir dans ce domaine. Ainsi,
l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a reconnu que la politique
d’blocus étasunienne entravait son programme de coopération technique avec
Cuba, car l’équipement spécialisé provient d’entreprises des USA. De même, le
refus de délivrance de visas rend très difficile la participation de Cubains à
des
stages ou réunions spécialisés aux USA.
En sport, on peut aussi citer de nombreux exemples de retombées du blocus :
· En médecine sportive, le refus des USA d’autoriser la réparation ou la vente
de pièces détachées concernant des appareils hors de service a causé des
préjudices se montant à 492 000 dollars.
· L’entraînement du plongeon en vue des Jeux olympiques 2008 exige deux
trampolines et deux bases. Des sociétés étasuniennes ayant refusé de nous
les vendre, il a fallu les acheter à CARIMEX, du Mexique, à un coût
supplémentaire de 23 653 dollars.
· L’achat de quatre tableaux numériques en vue de l’entraînement des
judokas pour les Jeux olympiques a dû être annulé – alors que les
équipements étaient déjà embarqués – parce que le fournisseur DEHAVEN
a su qu’ils étaient destinés à Cuba.
Les préjudices causés par le blocus à l’aviation civile de mai 2007 au 15 avril
2008 ont été calculés à 197 600 000 dollars. En voici quelques exemples :
· En août 2007, à l’aéroport de Montréal (Canada), les autorités douanières
ont saisi une cargaison de pièces de rechanges d’une valeur de 35 000
dollars achetées par une société cubaine du secteur et destinées au
système de climatisation centralisé (Chillers) de l’aérogare 3 de l’aéroport
international de La Havane, construite en coopération avec le Canada, sous
prétexte que, en vertu de la loi Helms-Burton, Cuba ne peut acheter des
équipements ou des pièces dont les composants sont de fabrication
étasunienne : les Chillers sont de la marque étasunienne York.
· Le blocus a entravé toutes ces années-ci la possibilité d’achat par Cuba
d’aéronefs plus modernes et plus rentables, au point que même des
sociétés non étasuniennes ne peuvent nous en vendre, si bien que Cubana
de Aviación doit continuer d’opérer des appareils moins rentables, surtout
en consommation de combustible, et de louer des aéronefs dans des
conditions défavorables et discriminatoire, les dépenses additionnelles de ce
fait s’étant élevées à 14,8 millions de dollars.
· Fin novembre 2007, le département du Trésor a exigé que la compagnie
Boeing rompe ses liens commerciaux avec le groupe européen Air Atlanta
Icelandic, qui utilise des appareils de cette marque pour desservir Cuba,
sous prétexte qu’il s’agit là d’une violation du blocus, si bien que cette
compagnie européenne a cessé de louer ses Boeing à Cubana de Aviación.
· Quand le Centre d’information technique du système IACC/CACSA3 a voulu
s’actualiser et se moderniser, la société britannique AVITAS Europa, qui
publie des manuels très utiles pour l’achat et la vente d’avions de transport
de passagers et de marchandises, ainsi que de moteurs, lui a fait savoir
qu’elle ne pouvait négocier avec lui parce que sa société mère de
Washington ne le lui permettait pas.
L’industrie lourde, pilier de l’économie cubaine en ce qui concerne des
productions fondamentales (nickel, pétrole, ciment, industries chimique et
électrique) a été lésée par le blocus dans toutes ses branches.
Pour n’importe quel pays, la question de l’énergie possède une signification
stratégique capitale. Cuba en étant une importatrice nette, elle réalise un
programme ambitieux d’économie et de meilleure efficacité des ressources
énergétiques et de diversification de ses sources d’énergie, ce qui a permis
d’atténuer dans une certaine mesure les retombées sur son économie de la
flambée des cours du pétrole, s’efforçant d’atteindre ses objectifs stratégiques
de développement durable.
Or, la politique de blocus des USA s’interpose comme le principal obstacle à
ces objectifs, car l’administration Bush s’est proposée en priorité de prendre
des mesures qui entravent et rendent encore plus coûteuse la stratégie cubaine
de développement énergétique, menaçant des hommes d’affaires étrangers
désireux de partager les risques de la recherche de gisements de pétrole
éventuels, voire interdisant à des compagnies étasuniennes de faire des
investissements dans ce domaine tant à Cuba même que dans sa Zone
économique exclusive dan le golfe du Mexique.
On en trouvera ci-dessous quelques exemples :
3 Institut d’aéronautique civile de Cuba (IACC); Corporación de la Aviación
Cubana S.A.
· Des sociétés prestataires de services spécialisés dans le domaine pétrolier,
une fois rachetées par des transnationales étasuniennes, résilient leurs
contrats avec Cuba. Ainsi, le 10 septembre 2007, la société étasunienne
Weatherford a instruit sa filiale canadienne Precision Energy Services
d’interrompre ses services de contrôle directionnel de puits à Cuba, et, un
peu plus tard, de paralyser sur-le-champ ses opérations, de retirer tous ses
équipements des puits, de renvoyer tout son personnel au Canada, de ne
payer absolument rien aux entreprises cubaines et de virer au Canada tous
ses fonds placés sur une banque cubaine, la Banque financière
internationale.
· Après approbation du Plan Bush, l’industrie du nickel a été l’une des plus
harcelées par son administration, au point que cette dernière a créé le
Groupe interagences du nickel pour traquer les opérations cubaine, si bien
que les pertes concernant les exportations de nickel-cobalt se sont chiffrées
à 67,5 millions de dollars
· Dans le cadre de son Programme de révolution énergétique qui vise à
augmenter et à moderniser le système de production, de transmission et de
distribution d’électricité, Cuba a acheté en Corée du Sud 544 groupes
électrogènes qui doivent pourtant, à cause des restrictions du blocus, être
envoyés en 53 cargaisons différentes sur les itinéraires Corée-Jamaïque-
Cuba et Corée-Panama-Cuba, soit un surcoût de cent mille dollars par
voyage, compte tenu du fait que tout cargo accostant un port cubain ne peut
se rendre aux USA pendant six mois.
Dans le secteur de l’informatique et des communications, Cuba se voit
imposer des limitations à l’accès aux technologies de pointe, aux composants
et pièces de rechange, à l’envoi de correspondances entre les deux pays, ou
alors interdire l’accès à des sites et services d’Internet ou encore l’achat de
logiciels reconnus à l’échelle internationale, comme le système d’exploitation
Windows. On en trouvera ci-dessous quelques exemples:
· Le blocus ne respecte même pas les logiciels libres et leur nature ouverte et
à accès illimité, qu’ils soient de nature commerciale ou gratuits. Ainsi, durant
la période analysée, Cuba a vu limiter son accès aux nouvelles versions du
système de gestion de bases de données relationnel (SGBDR) libre, opensource
et gratuit le plus diffusé au monde, MySQL, comme il est arrivé aussi
avec Java, une fois que ce produit a été acheté par la société étasunienne
Sun Microsystems. Ce moteur, téléchargeable gratuitement sur Internet,
était largement utilisé à Cuba pour une grande variété d’applications.
· La fusion entre le fabricant MGE UPS System, du groupe français
Schneider Electric, et le fabricant étasunien APC, qui a donné lieu à APCMGE,
a provoqué de sérieux préjudices à la société cubaine ECOSOL quant
à la livraison d’onduleurs UPS triphasés. Après beaucoup de retard dans la
vente de ce produit, et de fausses promesses selon lesquelles la fusion
n’affecterait pas leur livraison, l’APC-MGE de France a fait savoir à
l’entreprise cubaine que, sur pressions d’APC, ses opérations cesseraient et
que les produits ne seraient pas livrés malgré les contrats déjà signés. Les
cadres d’APC-MGE, aussi bien en République dominicaine qu’en France, lui
ont demandé de ne plus entrer en contact avec la société parce que cela
leur portait préjudice. Ces onduleurs UPS triphasés étaient destinés à
l’Université des sciences informatiques, à l’Hôpital neurologique, à l’Institut
de chirurgie cardiovasculaire et à un parc d’attractions. Les tentatives de les
obtenir par des intermédiaires, l’un français, l’autre canadien, ont échoué,
dans le premier cas, pour leurs prix trop élevés, dans le second, pour refus
du fournisseurs quand il a appris que la destination finale était Cuba.
· La société berlinoise d’envois postaux United Parcel Service (UPS) a, du
fait de l’extraterritorialité du blocus, renvoyé à la société Zapf Mudanzas
S.A. des documents destinés à Cuba, avec cette mention : « Non distribué
pour cause d’blocus ».
· Les liaisons postales entre Cuba et les USA se bornent à la seule
correspondance prévue par l’Union postale universelle, mais ne concernent
pas les virements postaux, les services de livraisons programmées, les
envois contre remboursement ou les envois à valeur déclarée.
5. PRÉJUDICES CAUSÉS AU PEUPLE ÉTASUNIEN ET À D’AUTRES
PEUPLES DU MONDE
La guerre économique brutale que l’administration étasunienne mène contre
Cuba ne porte pas de préjudices qu’aux seuls Cubains : en violation des lois
internationales, elle en cause à d’autres peuples du monde, dont le peuple
étasunien
Constatant l’échec de sa politique criminelle et le soutien toujours accru de la
communauté internationale à la levée du blocus, l’administration étasunienne
en a renforcé l’application, cherchant à réduire au minimum les contacts entre
peuples et personnes, ainsi que les relations entre organisations religieuses,
universitaires, savantes, scientifiques, culturelles et sportives des deux pays.
en
voici quelques exemples :
· En juillet 2007, la Cour fédérale de Washington a rejeté les accusations
formulées par l’Emergency Coalition to Defend Educational Travel (ECDET)
contre le département du Trésor. Le 13 juin 2006, la juge Ellen Huvelle avait
reconnu que les restrictions imposées aux voyages éducatifs, tout en violant
les libertés scolaires établies dans la Constitution, étaient en accord avec le
Plan Bush.
· En novembre 2007, les sportifs étasuniens et portoricains, dont de
nombreux groupes, clubs et coureurs individuels avaient souhaité leur
inscription, n’ont pas pu participer au marathon Marahabana 2007 à cause
des prohibitions du blocus.
· Le département du Trésor a refusé le permis de voyage à vingt musiciens
étasuniens invités à participer au Douzième Festival international de
musique électroacoustique “Primavera en La Habana 2008”.
· Il a de même refusé ce permis, en avril, à des législateurs de New York
dans le cadre d’une délégation commercial de cet Etat.
· Le département du Trésor a aussi empêché le voyage à Cuba de quatrevingt-
huit étudiants d’une maîtrise en affaires de l’Université méthodiste du
Sud du Texas, sous prétexte d’une mauvaise utilisation par celle-ci du
permis qui lui avait été octroyé.
· Alors que la société étasunienne Sport Show Broadcasting (SSB) avait
signé avec l’Institut cubain de radio et télévision (ICRT) un contrat pour
obtenir les droits de transmission télévisée de trente matchs du
Championnat cubain de base-ball (210 000 dollars), elle n’en a pu en
transmettre que six à cause de fortes pressions politiques en sens contraire.
· Un phénomène semblable a eu lieu avec la Société de télévision câblée
(PCTV) du Mexique, intéressée par la transmission du Championnat
national de base-ball cubain, qui a dû annuler sans explications un contrat
de 100 000 dollars, les préjudices financiers s’étant montés à 268 000
dollars, sans compter que les intéressés aux USA et au Mexique n’ont pas
pu voir les matchs prévus.
· Le professeur étasunien Todd J. Martinez, de l’Université de l’Illinois, n’a
pu
participer à la rencontre Fotodinámica 2008 tenue à La Havane, pour refus
du permis de voyage, cette même interdiction ayant touché en novembre
trois linguistes étasuniens désireux de participer à la rencontre Lingüística
2007.
· La compagnie espagnole Hola Airlines, dont les avions transportaient des
patients de la Mission Miracle du Venezuela à La Havane, a dû cesser de le
faire : ayant dû demander des services de réparation d’un avion à la
compagnie Boeing, celui-ci lui a fait savoir que l’administration étasunienne
lui interdisait de fournir une aide technique et des pièces détachées à moins
qu’elle annule ses opérations avec le Venezuela et Cuba. Or, la Mission
Miracle est une opération strictement humanitaire qui permet d’opérer des
patients sans grandes ressources d’affections de la vue telles que la
cataracte, le ptôsis et le ptérygium.
5.1 RETOMBÉES SUR LES ORGANISMES ET ORGANISATIONS
INTERNATIONAUX
Durant cette période, le blocus a continué d’affecter la participation de Cuba à
des réunions d’organismes et organisations internationaux, ainsi que le
fonctionnement normal de ceux-ci vis-à-vis de Cuba. En voici quelques
exemples :
L’Assemblée nationale du pouvoir populaire n’a pu verser ses quotes-parts
à l’Union interparlementaire (UIP) et au Parlement latino-américain
(PARLATINO) en 2007 parce que les banques USB (Genève), BANISTMO
de Bogota (Colombie) et la filiale de la Lloyd Bank de Londres ont refusé de
recevoir ses virements au motif du blocus.
Le département d’Etat a refusé de délivrer des visas à deux députés
cubains qui devaient participer à la réunion du Comité exécutif de la
Confédération parlementaire des Amérique (COPA), tenue à Los Angeles
du 22 au 25 juin 2007.
· En ce qui concerne l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle
(OMPI), qui siège à Genève, Cuba continue d’avoir du mal à verser les
sommes requises pour l’enregistrement de brevets internationaux, car les
deux banques suisses par lesquelles elle passait ont refusé de continuer de
faire sous prétexte des restrictions du blocus étasunienne, si bien que notre
pays doit faire les virements bancaires à travers un tiers, ce qui accroît les
risques et les coûts des opérations.
6. OPPOSITION AU BLOCUS AUX ÉTATS-UNIS MÊMES
L’administration étasunienne n’a pu faire taire les protestations contre sa
politique agressive permanente contre Cuba. Aux Etats-Unis mêmes, des voix
continuent de s’élever pour s’y opposer et demander qu’elle change.
Parmi les actions entreprises aux USA pour contrer le blocus, on peut citer les
suivantes :
12 juin 2007 : Le Conseil d’administration de l’USA Rice Millers' Association
adopte une résolution dans laquelle il appelle le Congrès et la Maison-
Blanche à mettre fin aux restrictions sur les voyages et à nouer des relations
commerciales normales avec Cuba.
14 juin 2007 : Réunion d’information au Congrès sur le point : « Repenser
l’blocus des USA envers Cuba », présidée par les représentants Charles
Rangel, démocrate de New York, et Jeff Flake, républicain de l’Arizona, à
laquelle assistent différentes adjoints de législateurs, des ONG, des
diplomates, des membres des médias et des organisations agricoles.
Rangel taxe la politique de blocus d’hypocrite, souligne le poids électoral de
la Floride comme facteur déterminant dans le maintien des sanctions et
qualifie les restrictions aux voyages d’insultantes parce que violatrices des
droits civils et constitutionnel des Etasuniens.
14 juin 2007 : Une délégation de dirigeants de l’agence mondiale
humanitaire « Church World Services », rattachée au Conseil national des
Eglises, et des représentants des onze plus grandes Eglises chrétiennes
des USA, font du lobbying au Congrès pour obtenir un appui aux projets de
loi S.721 et HR.654 concernant la liberté de voyage à Cuba. Le 7 juin, ces
mêmes organisations avaient émis une déclaration dans ce même but, et le
12, adressé des lettres à des membres des deux Chambres pour demander
que toute législation relative à l’blocus doit inclure une clause sur la fin des
restrictions de voyages religieux à Cuba.
17 juin 2007 : Le président de la Commission des affaires juridiques au
Sénat, Patrick Leahy, sénateur démocrate du Vermont, introduit le projet de
loi S.1806 (« Judicial Powers Restoration Act of 2007 ») dont la section 3
propose l’élimination de la section 2114.
19 juillet 2007 : Le sénateur Dorgan, démocrate du Dakota du Nord, aux
débats sur le projet de loi agricole à la Commission des assignations du
Sénat, présente deux amendements concernant les ventes de produits
agricoles et de médicaments à Cuba : à la sous-commission de l’Agriculture,
pour proposer de concéder une autorisation générale de voyages à Cuba
des exportateurs de produits agricoles et de médicaments ; à la souscommission
des Services financiers, pour en revenir au système de
paiement d’avant 2005 en ce qui concerne les achats par Cuba de produits
agricoles, les deux amendements ayant été adoptés par la Commission.
25 juillet 2007 : Le représentant démocrate du Colorado, Mark Udall,
introduit le projet de loi H.R. 3182 (« U.S. Participation in Cuban Energy
Exploration Act of 2007 :To allow United States persons to participate in
energy development offshore from Cuba and other nearby countries ») pour
permettre aux sociétés étasuniennes de participer au programme cubain de
prospection et d’extraction d’hydrocarbures.
21 septembre 2007 : Les représentants Jeff Flake (républicain de
l’Arizona), William Delahunt (démocrate), James McGovern (démocrate du
Massachussets), Jo Ann Emmerson (républicaine du Missouri), Jerry Moran
(républicain de Kansas) et Rosa DeLauro (républicaine du Connecticut)
adressent une lettre à Condoleezza Rice, secrétaire d’Etat, et à Henry
Paulson, secrétaire du Trésor, au nom du Groupe de travail sur Cuba de la
Chambre des représentants, pour demander au gouvernement de lever les
restrictions aux voyages à Cuba, surtout en ce qui concerne les Cubanoétasuniens.
Deuxième quinzaine de septembre 2007 : Réunion des secrétaire à
l’Agriculture de différents Etats pour discuter de la nécessité de normaliser
le commerce entre les deux pays, avec déclaration souscrite par
l’Association nationale des départements d’Agriculture des Etats.
Durant la période analysée, douze délégations d’hommes d’affaires,
accompagnées par les secrétaires à l’Agriculture du Nouveau-Mexique, du
Dakota du Nord, de la Californie et du Texas, et des secrétaires ou
commissaires à l’Agriculture de l’Iowa et du Montana, ont visité Cuba, ainsi
que sept législateurs.
5-9 octobre 2007 : Le Deuxième Congrès national latino, tenu à Los
Angeles, adopte trois résolutions relatives à Cuba, dont l’une exige que le
Congrès lève les restrictions aux voyages de familles, en tant que violatrices
de la Constitution étasunienne et du droit international.
29 octobre : Le Collage national des avocats (NLG) émet une déclaration
pour condamner le refus de délivrance de visa au vice-président de la
4 Section 211 de l’Omnibus Consolidated and Emergency Supplemental
Appropriations Act,
1999, et nouvelles agressions dans le domaine des marques commerciales.
Société de droit du travail, rattachée à l’Union des juristes de Cuba, et
membres du Bureau des directeurs de l’Association internationale des
avocats démocratiques, invité à participer à une réunion aux USA.
27 novembre 2007 : Un groupe d’artistes et intellectuels étasuniens, dont
les acteurs Sean Penn et Danny Glover, les écrivains Alice Walker et
Cristina García, le chanteur Harry Belafonte et le musicien Ry Cooder,
adresse une lettre au président Bush pour lui demander de mettre fin à la
prohibition d’échanges culturels entre les deux pays.
27 mars 2008 : Au cours d’une table ronde à l’Université de Georgie, à
laquelle participent les anciens secrétaires d’Etat Colin Powell, Henry
Kissinger, James Baker III, Warren Christopher et Madeleine Albright, les
participants abordent d’une manière critique la question cubaine : « L’blocus
de cinquante ans n’a bénéficié à personne. C’est une question qui a plus à
voir avec la politique intérieure qu’avec la politique extérieure… quand une
politique ne fonctionne pas pendant cinquante ans, il est temps de penser à
quelque chose d’autre. »
9 avril 2008 : Le sénateur démocrate du Connecticut, Christopher Dodd, au
cours d’une conférence à l’Ecole navale d’Anapolis, appelle à créer une
alliance stratégique dans le continent, qui devrait commencer par un
changement de la politique des USA envers Cuba ; l’administration
étasunienne doit modifier radicalement sa politique, lever le blocus, les
restrictions de voyages et d’envois de fonds familiaux, et engager des
échanges sur les points d’intérêt mutuel.
14 mai 2008 : Le Council on Foreign Relations5 (CFR) publie un rapport
intitulé : « USA-Latin America Relations : A New Direction for a New
Reality » (Relation entre les USA et l’Amérique latine : une nouvelle
orientation pour une nouvelle réalité »), rédigé par un groupe de travail
indépendant, qui suggère une série de mesures pour lever le blocus, dont :
· Permettre la liberté de voyages et faciliter le commerce avec Cuba : la
Maison-Blanche devrait déroger les restrictions imposées en 2004 aux
voyages et aux envois de fonds familiaux des Cubano-étasuniens.
· Réinstaurer et assouplir les treize catégories de permis de voyage à des fins
d’échange People to People, instituées par l’administration Clinton en vue
de la visite du pape à Cuba en janvier 1998.
· Promouvoir des conversations sur des points d’intérêt mutuel, tels que
migration, trafic d’êtres humains, trafic de drogues, santé publique, avenir de
la base navale de Guantánamo, gestion durable des ressources
environnementales, surtout si Cuba, de pair avec un groupe de sociétés
pétrolières étrangères, commence à prospecter en eaux profondes pour
trouver des réserves de pétrole.
5 Le CFR, l’un des centres d’études et de recherches les plus influents des USA,
lié à
l’élaboration de la politique extérieure et formé de membres éminents de
l’establishment,
assume une posture essentiellement de centre-droit.
· Déroger la loi Helms-Burton de 1996, qui a ôté au pouvoir exécutif le gros
de ses prérogatives au sujet de la levée des sanctions économiques. Le
Congrès devrait adopter des mesures législatives, comme il l’a fait pour les
ventes agricoles, en vue de libéraliser le commerce bilatéral et les voyages
à Cuba, créant des opportunités de renforcement des institutions
démocratiques.
7. CONCLUSIONS
Cette dernière année s’est caractérisée par l’application la plus brutale qui
soit
du blocus contre Cuba. L’administration étasunienne a entrepris des actions
irrationnelles de traque d’organismes gouvernementaux, de sociétés, de
banques et de citoyens de pays tiers, au point de bloquer des sites Internet en
rapport avec notre pays.
Les préjudices économiques directs causés au peuple cubain jusqu’à décembre
2007 par ce blocus économique, commercial et financier dépassent au total,
selon des chiffres calculés au plus bas, 93 milliards de dollars.
Pour apprécier à sa juste valeur l’ampleur des préjudices et dommages causés
à l’économie cubaine, qu’il suffise de dire que ce montant représente 1,6 fois
le
Produit intérieur brut de Cuba (valeur de tous les biens et services en un an),
environ 12 fois la dette extérieure de 20066 et environ 23,5 fois la valeur des
investissements de 2006.
Ce montant concerne uniquement les dommages et préjudices directs ; il
faudrait y ajouter les plus de 54 milliards de dollars découlant des agressions
et actes terroristes commis par le gouvernement étasunien et ses agents
mercenaires durant presque un demi-siècle.
Dans le cadre de cette stratégie conçue pour obliger le peuple cubain à la
reddition par faim et maladies, et renverser la Révolution, le gouvernement des
Etats-Unis a intensifié ses opérations et plans subversifs dans le but avoué de
déstabiliser et de détruire le système constitutionnel mis en place par le
peuple
cubain. Le 19 mai dernier, le gouvernement cubain a donné de preuves
irréfutables de cette conspiration et de cette ingérence des représentants des
USA dans l’île.
Il ne fait aucun doute que le blocus constitue le principal obstacle au
développement et au bien-être des Cubains, et une violation flagrante, massive
et systématique des droits de tout un peuple.
Les Etats-Unis continuent de faire fi, avec une arrogance méprisante, des seize
résolutions votées à sa quasi-unanimité par l’Assemblée générale des Nations
Unies et réclamant la levée du blocus génocidaire.
6 Dette extérieure: 7 793 700 000 dollars. (Source: Banco Central, Anuario
Estadístico de Cuba,
p. 126.)
Le peuple cubain ne renoncera jamais à défendre sa Révolution et continuera
d’avancer dans l’exercice de sa liberté et de son indépendance, quels que
soient les obstacles et les limitations qu’il doive surmonter. La volonté de
résistance des Cubaines et des Cubains est infinie. La nation cubaine
continuera de travailler, souverainement et sans relâche, à l’approfondissement
des objectifs de justice, d’équité et de solidarité qui sous-tendent la
Révolution.
Cuba espère pouvoir compter une fois de plus sur le soutien de la communauté
internationale, quand elle réclame en toute légitimité la levée du blocus
économique, commercial et financier appliqué par le gouvernement des Etats-
Unis.