Après une nuit et un jour d’une offensive terrestre qui a fait
plusieurs dizaines de morts parmi les Palestiniens, l’armée
israëlienne hésite à rentrer dans la ville de Gaza, si l’assaut
a été longuement planifié et a reçu l’aval des Etats-Unis, leur
soutien logistique même semble-t-il, nul ne sait comment cette
expédition aventurière peut se terminer. Cela laisse un espace à
la protestation populaire, en france, en Europe nous pouvons
faire monter celle-ci, interpeller les forces de gauche, les
syndicats, rassembler largement autour de la défense de la paix
et contre le crime envers une population civile.
Ce qui se passe aujourd’hui était prévisible et fait partie d’un
plan. Il faut rappeler que par l’intermédiaire du médiateur
egyptien une trêve de six mois avait été acceptée et
relativement maintenue mais d’une part les israêliens ont
transformé cette trève en blocus, asphyxiant la ville, forçant
de fait les Palestiniens à ne pas renouveler la dite trève. la
responsabilité de la “communauté internationale”, de l’Europe en
particulier qui a accepté cette asphyxie du territoire
palestinien est immense. L’Europe non contente d’accepter ce
crime de blocus a recemment renouvelé son soutien plein et
entier aux Israêliens.Face à cette situation, on peut constater
que bien peu nombreuses ont été les voix qui l’ont dénoncé, nous
avons souffert d’une carance d’organisation et de dirigeants, il
n’y a pas eu à proprement parler de force politique pour
empêcher cet étranglement de la bande de Gaza. La violence des
propos tenus sur le net ne correspondant en fait à aucune
capacité de mobilisation réelle et traduisant seulement un
sentiment d’impuissance. Pourtant il faut constater que quand
des forces ont appelé à des manifestations, elles ont rencontré
un écho important.
Au risque d’aller à contre courant je voudrais que l’on
mesure bien la situation et que nous ne soyons pas tentés dans
nos propos et dans nos actes par une stratégie d’apocalypse qui
jusqu’à présent a été d’un tel coût pour le peuple palestinien.
Comment aider réellement ce peuple et quels objectifs nous
donner, comment mesurer nos difficultés mais aussi nos points
d’appui. Il faut d’abord bien resituer Gaza dans un contexte
politique, celui d’un impérialisme en voie de fascisation, face
à sa propre crise. Même si le fascisme parait limité à cette
zone, lié à une idéologie de plus en plus meurtrière, elle
repose sur une donnée caractéreistique de cette phase de
l’impérialisme: les liens entre les multinationales
financiarisées, la haute finance et le développement militaire.
L’aventurisme en est sa marque.
Les Russes non sans raison rapprochent cette opération de celle
qui a eu lieu récemment en Ossetie, avec la même configuration,
des dirigeants fascistes prêt à tout pour asseoir leur pouvoir
face à une situation de crise, le dirigeant géorgien ne
l’oublions était entraîné par les israëliens, partout y compris
en Colombie, nous avons le même cas de figure, les fascistes
israêliens fournissent armes et logistique militaire quand les
Etats-unis ne veulent pas agir directement. Apparement
l’intervention du georigien était une folie, mais en fait elle
n’a pas pu avcoir lieu qu’avec l’assentiment des etats-unis,
partout ion retrouve le même cas de figure, la recherche d’une
situation explosive dans un contexte d’aggravation de la crise
et du déclin de l’hégémonie étasunienne. Mais Gaza, à l’inverse
de l’Ossetie ne bénéficie pas d’armée russe, Gaza est
politiquement isolée et la population palestinienne
divisée. Donc toute notre action doit aller dans le sens de
rompre cet isolement politique et de favoriser le rassemblement,
l’unité.
Ce qu’il faut bien mesurer c’est qu’en face dans les rangs du camp impérialiste qui jusqu’à présent n’a pas montré la moindre faille nul ne pouvait ignorer ce qui se passait, non seulement une population était vouée à une mort lente et au desespoir, mais ce qui suivrait était prévisible, il y a eu les terribles bombardements, mais l’opération d’entrée dans Gaza était planifiée: l’armée israélienne s’est entraînée pendant un an et demi sur un modèle réduit de la ville de Gaza construit sur l’une de ses bases avant de lancer son offensive terrestre. Elle vise, selon l’état-major de Israël, deux objectifs essentiels : prendre le contrôle des zones du nord de la bande de Gaza, d’où le Hamas tire ses roquettes, et détruire les nombreux tunnels creusés entre Gaza et l’Egypte pour mettre fin à la contrebande d’armes. Israël veut aussi effacer le souvenir de la guerre du Liban, en 2006, lorsque les miliciens du Hezbollah lui avaient tenu tête.
Militairement, la victoire d’Israël est ineluctable. Soutenu par les Etats-Unis, Israël dispose de la technologie la plus moderne, de l’armement le plus sophistiqué. Avions, chars, bateaux de guerre, drones, dispositifs de vision nocturne, unités d’élite : sur le papier, cette armée est imbattable. En face le hamas a une stratégie, celle du hezbollah et de la guérilla urbaine, ses brigades Ezzedine al-Qassam, 20 000 hommes entraînés et préparés à une guerre urbaine, n’ont pas été vraiment utilisées. L’enclave de Gaza étant surpeuplée 30 km de long et 10 km de large pour 1,5 million d’habitants , l’armée israëlienne devra engager ses soldats dans les rues et s’exposer à une guérilla dangereuse. « Gaza sera votre cimetière », proclament les dirigeants du mouvement islamiste. Est-ce qu’ils seront capables de renouveler ce qu’avait réussi le hezbollah, à savoir mener une guérilla urbaine dans une population hautement politisée et capable de fournir un appui dans lequel une armée fut-elle la mieux équipée ne peut que s’empêtrer. C’est notre espoir à tous, mais nous devons les aider comme nous devons aider ceux qui en Israêl même, au Liban et partout tentent de faire monter le mouvement pacifiste.
«Nous allons donner une leçon douloureuse à l’ennemi», a promis hier Abou Obeida, un porte-parole des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas. «Nous avions anticipé cette attaque au sol, et nous nous sommes préparés. L’occupation sioniste va perdre cette bataille. Ils ont déjà reculé par rapport à leurs objectifs de campagne initiaux. Après avoir dit qu’ils voulaient renverser le gouvernement du Hamas, ils ont annoncé qu’ils ne voulaient que l’affaiblir, et maintenant, ils ne parlent plus que de faire cesser les tirs de roquettes. Aucun de ces objectifs ne sera atteint, et ils quitteront notre territoire défaits et humiliés.» Eux ils peuvent dire cela, mais nous pour les aider nous devons rassembler en faveur de la paix, le faire en élargissant la protestation devant le massacre des civils, en exigeant la paix.
Quels sont nos atouts : les israêliens et leur donneur d’ordre étasunien le savent, le temps joue contre eux. D’abord parce que l’opération est peut-être imbattable sur le plan militaire, il n’en est pas de même sur le plan politique. L’appui de fait de l’Union Européenne, des pays arabes, la faiblesse des réactions même des autres pays s’est nourri de l’idée que le hamas était un mouvement terroriste, mais la manière dont chacun mesure bien que les victimes sont dans la population civile, que celle-ci résiste fait la démonstration de ce qu’israêl et les médias ont toujours voulu nier : l’existence d’un peuple palestinien attaché à sa terre et à ses droits. Les manifestations qui se développent partout dans le monde en soutien à ce peuple ont créé un compte à rebours pour les assaillants.
Pour le moment l’armée israëlienne rentre sans résistance réelle,et pendant ce temps les dirigeants de la planète, l’ONU, l’Union Européenne, les pays arabes sont littéralement bloqués par la volonté des Etats-Unis. Il est clair que ces derniers sont prêts à aller trés loin dans cet apocalypse mais la question que nous devons nous poser est comment pouvons nous empêcher cet impérialisme ayant choisi la voie du fascisme d’aller plus avant. d’abord pour aider les palestiniens menacés d’un génocide, ensuite pour empêcher puisque c’est l’autre étape prévisible l’embrasement de tout le moyen orient et peut-être le feu nucléaire. L’opinion arabe est ulcérée, la colère est immense mais justement tout est fait pour provoquer des explosions sporadiques réprimées dans le sang.
Je suis convaincue que face à leur crise, leur faillite économique, politique et sociale, face à la colère des masses populaires, partout les impérialistes vont jouer le même jeu qu’à Gaza. Ils vont favoriser les actions desespérées. C’est pour cela que l’absence des partis communistes, leur incapacité à mesurer la réalité du monde tel qu’il est est si terrible, le repliment visible de chaque pays et force sur ses bases, tout cela me parait exiger de nous tous beaucoup d’esprit de responsabilité.
Il faut un grand mouvement de la paix, un rassemblement trés large alors qu’aujourd’hui certains nous incitent à nous isoler, nous minoriser, à envoyer les combattants dans des aventures, cela s’est passé en grèce, cela se passe partout. Les élements les plus violents, les plus desespérés sont incités à se battre sans ordre, sans espoir, c’est le “no futur” généralisé. La seule réponse possible est de masse, faire sentir la puissance de la volonté populaire. C’est ce qui a déjà commencé et qui doit être amplifié.
En France il faut que les forces politiques et syndicales soient sollicitées à entrer dans la protestation. Nicolas Sarkozy part aujourd’hui au Proche-Orient pour « trouver les chemins de la paix ».Quand on imagine que c’est sarkozy qui apparait comme une chance de paix pour les palestiniens, cela nous permet de mesurer l’état réel du rapport des forces. Mais cela permet aussi de penser que la protestation populaire a déjà des effets. La manière dont les médias tiennent un véritable front de la communication, une censure digne des temps de guerre pour faire croire qu’israêl ne fait que se défendre, cela permet aussi de voir quel devrait être notre rôle et de mesurer à quel point nous avons besoin de nous organiser, de choisir une protestation de masse . Nous devons faire pression sur nos propres gouvernements, sur les dirigeants européens et partout où nous le pouvons favoriser l’expression des organisations. Pour le moment le front impérialiste parait comme l’armée israëlienne imbattable, mais nous avons deux atouts, le temps, la capacité dans ce temps de la résistance palestinienne et de la population de Gaza de tenir, les manifestation de masse qui ne cessent de monter, tout cela peut forcer à un renversement de l’opinion publique. Ils vont tenter de multiplier les provocations, d’organiser la division, l’isolement, mais ils sont empêtrés comme une armée dans une guérilla urbaine, nous pouvons par une mobilisation de masse participer de cette guerilla urbaine en appelant à la paix, à l’intervention de l’ONU pour protéger la population.
Danielle Bleitrach
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